Après un accident vasculaire cérébral (AVC) aigu,
l’identification de facteurs permettant de prédire la mortalité
peut contribuer à une meilleure prise en charge des patients à haut
risque. S’il est bien établi qu’un âge avancé et de lourdes
séquelles sont de mauvais pronostic à court terme, peu d’études se
sont penchées sur le suivi à long terme des patients au décours
d’un AVC.
L’étude norvégienne de Ronning et coll. a suivi de façon
prospective 550 patients âgés d’au moins 60 ans (en moyenne : 76,4
+/- 7,4 ans) qui avaient été hospitalisés dans les 24 heures de la
survenue d’un AVC aigu.
Les patients ont été suivis pendant 12 ans ou, selon les
cas, jusqu’au moment de leur décès.
A 12 ans, la mortalité totale était de 86,5 %. En analyse
multivariée, cette mortalité de toutes causes était associée
significativement avec les variables suivantes : âge (hazard ratio
[HR] 1,08; intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 1,07-1,10), sexe
masculin (HR 1,69 ; IC95 : 1,40-2,05), antécédent d’AVC (HR 1,34 ;
IC95 : 1,08-1,65), cardiopathie ischémique (HR 1,30 ; IC95 :
1,02-1,64), diabète (HR 1,74 ; IC95b : 1,36-2,23), AVC
hémorragique (HR 1,58 ; IC95 : 1,20-2,08) et sévérité
propre de l’AVC (HR 1,03 ; IC95 : 1,03-1,04).
Pris séparément, chacun de ces paramètres était indépendamment
associé à un risque accru de mortalité tardive, pendant les
12 années du suivi.
En accord avec les données de la littérature, il n’a pas été
trouvé d’association significative entre la mortalité tardive et
l’hypertension artérielle et le tabagisme. Il en a été de même pour
la fibrillation auriculaire dont on s’accorde cependant pour dire
qu’elle est un facteur prédictif puissant de mortalité à court
terme.
En conclusion, cette étude souligne que le degré de sévérité
initiale de l’AVC continue d’être un critère
significativement prédictif du pronostic à long terme
tout comme le sont la plupart des facteurs de risque de
l’athéro-thrombose.
Dr Robert Haïat
Rønning OM et coll.: Predictors of mortality following acute stroke: a cohort study with 12 years of follow-up. J Stroke Cerebrovasc Dis., 2012; 21: 369-372
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