Les réactions d’hypersensibilité aux produits de contraste iodés
(PCI) sont classées en fonction de l’intervalle de temps entre
l’administration du médicament et l’apparition des symptômes.
On distingue ainsi les réactions immédiates, apparues dans l’heure
et les réactions non immédiates survenues plus d’une heure après la
prise du PCI.
Les réactions non immédiates seraient de plus en plus
fréquemment décrites avec au premier plan une atteinte cutanée.
Elles sont légères à sévères revêtant le plus fréquemment la forme
d’un exanthème maculopapuleux, moins souvent d’une urticaire non
immédiate avec ou sans angio-œdème.
Une étude espagnole a comparé l’utilité des tests cutanés (IDR
et patch-tests) et des tests de provocation médicamenteux chez des
patients ayant présenté une hypersensibilité retardée après
administration d’un PCI avec une atteinte cutanée exclusive non
sévère (exanthème ou urticaire).
Un groupe contrôle de 25 personnes ayant une bonne tolérance aux
PCI a été constitué parallèlement.
Les 161 patients vus pour une réaction non immédiate à un PCI
avaient un âge moyen de 58,5 ans dont 50,9 % étaient des hommes.
Les molécules en cause étaient le plus fréquemment l’ioméprol (32,9
% des cas) et l’iodixanol (28,6 %).
Une atopie était présente chez 23 % des patients et 19,9 %
avaient un antécédent d’allergie médicamenteuse confirmée (AINS,
bêta-lactamines et fluoroquinolones).
Les IDR à lecture retardée ont été positives chez 34 des 161
patients (21,1 %) : pour une seule molécule chez 27, pour 2 PCI
chez 6 et pour 3 molécules chez un seul patient.
Dix des sujets ayant des IDR positives avaient aussi des
patch-tests positifs.
Aucun patch-test n’a été positif en cas d’IDR négative.
Les tests ont tous été négatifs chez les personnes témoin.
Un test de provocation médicamenteux en simple aveugle contre
placebo a été mené en cas de test négatif. Celui-ci a permis le
diagnostic dans 56,4 % des cas contre 43,6 % avec les tests
cutanés.
La démarche diagnostique pourrait varier selon le PCI en cause :
les tests cutanés seraient plus fréquemment positifs pour
l’ioméprol alors que le test de provocation serait plus souvent
nécessaire pour l’iodixanol.
Dr Geneviève Démonet
Torres MJ et coll. : Diagnostic evaluation of patients with nonimmediate
cutaneous hypersensitivity reactions to iodinated contrast media. Allergy, 2012; 67: 929-935.
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