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Le travail posté, ce n’est pas la santé

Publié le 31/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le travail posté, avec ses horaires flexibles, est l’un des éléments fondamentaux d’un certain credo économique. Selon ses partisans, il serait  essentiel à une économie industrielle diversifiée et dynamique.

De précédents travaux ont pourtant fait le lien entre le travail posté (horaires flexibles, travail de nuit, « 3x8 », etc.) et des pathologies cardiovasculaires. Pour y voir plus clair, une équipe canadienne a réalisé une recherche systématique de la littérature sur le sujet, et retenu 34 études observationnelles qui ont servi de matière à une méta-analyse.

Ces études totalisent plus de 2 millions de personnes et l’analyse des résultats confirme le lien entre le travail posté et une augmentation du risque d’infarctus du myocarde (Risque relatif [RR] : 1,23 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 1,15 à 1,31) et d’accident vasculaire cérébral ischémique (RR : 1,05 ; IC95 : 1,01 à 1,09). Les pathologies coronaires semblent aussi plus fréquentes chez les personnes ayant des horaires de ce type (RR 1,24 ; IC95 : 1,10 à 1,39). Précisons que la mortalité n’est pas augmentée et que l’ajustement pour le tabagisme ou le statut socio-économique ne modifie pas les résultats.

Ce constat confirme les conclusions de travaux antérieurs. Certains ont même montré qu’une seule nuit de travail suffisait pour augmenter la pression artérielle et perturber le rythme cardiaque. Le travail posté et les horaires flexibles modifient évidemment le rythme circadien, la qualité du sommeil et l’équilibre vie/travail et chacun a en tête de nombreux exemples de travailleurs de nuit se plaignant de troubles du sommeil, en soi facteur de risque d’infarctus du myocarde.

L’intérêt d’une telle analyse réside bien entendu dans ses implications. Les auteurs précisent que certains travaux ont démontré que la modification et la « rationalisation » des horaires de travail pouvait présenter quelque intérêt en ce sens qu’elles fournissaient des travailleurs en meilleure santé et plus productifs. Mais en attendant, il paraît essentiel que les travailleurs postés soient informés de l’importance du contrôle de leurs facteurs de risque cardiovasculaires, dyslipidémie, tabagisme, intolérance au glucose ou hypertension et soient éduqués à repérer les premiers symptômes d’une pathologie cardiovasculaire.



Dr Roseline Péluchon


Vyas MV et coll. : Shift work and vascular events: systematic review and meta-analysis.
BMJ 2012;345:e4800




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Vos réactions

Ne pas exonérer l'employeur !

Le 06 août 2012

J'ai réagi à cet article, en écrivant que les conseils de prévention que pouvait donner le médecin ne devaient pas exonérer l'employeur de sa responsabilité sur la santé des salariés. Cette réaction ne semble pas avoir obtenu l'onction du "modérateur". Curieux, non ?
Dr Philippe Guérin, médecin du travail

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