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FIV : l’exposition au bisphénol A majorerait le risque d’échec

Publié le 31/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le poids des arguments plaidant pour les effets indésirables du bisphénol A (BPA), effets perturbateurs endocriniens notamment, va croissant. C’est cette fois au lien entre exposition environnementale au BPA et devenir de la fécondation in vitro (FIV) que se sont intéressés des auteurs d’Harvard et des Centers for Disease Control and Prevention d’Atlanta, plus précisément à la relation entre la concentration urinaire de BPA, prise comme indicateur d’exposition, et l’échec d’implantation.

L’étude, prospective, a porté sur une cohorte de 137 femmes, suivies au Massachusets General Hospital Fertility Center (Boston), enrôlées entre novembre 2004 et avril 2010, âgées de 18 à 45 ans, ayant eu une FIV avec ovocytes propres. Les concentrations urinaires de BPA ont été déterminées sur échantillons, et l’échec d’implantation a été défini par un taux sérique de ß-HCG inférieur à 6 UI/l 17 jours après prélèvement d’ovocytes.

Dans la population d’étude, âgée en moyenne de 35,8 ans, la cause de l’infertilité était féminine dans près d’un tiers des cas, l’infertilité était le fait de l’homme dans un tiers des cas, et restait inexpliquée dans les autres cas.

Chez ces 137 femmes, sur 180 cycles FIV et 325 échantillons d’urines recueillis, les concentrations de BPA étaient comparables à celles observée en population générale aux États-Unis chez les participants au National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES). La moyenne géométrique des concentrations urinaires de BPA était de 1,53 ± 2,22 µg/l, et 42 % des cycles se sont soldés par un échec implantatoire.

Après ajustements sur l’âge et le jour du transfert d’embryons, l’analyse associe aux quartiles les plus hauts de concentrations de BPA un risque accru d’échec d’implantation. En comparaison du quartile le plus bas, les odds ratios pour le risque de cet échec allaient croissant avec les concentrations de BPA, du deuxième au quatrième quartile, en comparaison du premier, de 1,02 (intervalle de confiance à 95 % 0,35-2,95), à 160 (0,70-3,78) et 2,11 (0,84-5,31) (p pour la tendance = 0,06). L’ajustement poussé en outre sur le protocole FIV a atténué l’association, celle-ci gardant le profil d’une relation dose-réponse linéaire.

Cette étude est la première selon les auteurs à apporter des données humaines sur la relation entre exposition environnementale au bisphénol A et échec d’implantation. Ses résultats préliminaires suggèrent, chez les femmes traitées par FIV, une association dose-réponse linéaire positive entre ces deux paramètres d’intérêt. À suivre.



Dr Julie Perrot


Ehrlich S et coll. : Urinary bisphenol A concentration and implantation failure among women undergoing in vitro fertilization. Environ Health Perspect., 2012 ; 120 : 978-83.


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