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L’hyperuricémie, marqueur de risque de diabète, d’insulinorésistance et de prédiabète chez l’adulte jeune

Publié le 02/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Des travaux récents ont proposé l’hyperuricémie et la goutte comme nouveaux marqueurs du risque de diabète, mais peu ont concerné les 18-30 ans. Or ceux-ci sont une cible potentielle importante susceptible de bénéficier d’interventions sur le mode de vie. Des auteurs de l’université de Stanford se sont donc attachés à évaluer prospectivement chez les adultes jeunes, la relation entre hyperuricémie et risque d’insulinorésistance, d’altération de la glycémie à jeun et de diabète incidents.

E Krishnan et coll ont pour ce faire analysé les données de près de 15 années de suivi de plus de 5 000 sujets inclus dans l’étude CARDIA (Coronary artery risk development in young adults study), mise en œuvre aux États-Unis en 1985-1986, sous l’égide du National Heart, Lung, and Blood Institute.

L’étude a porté sur 5 012 sujets, indemnes de diabète à l’inclusion, examinés en cinq vagues de suivi, de 1987-1988 (an 2) à 2000-2001 (an 15).

Dans cette population d’étude (45,6 % d’hommes), âgée de 24,8 ± 3,6 ans en moyenne à l’enrôlement, comptant 43,1 % de fumeurs, dont l’IMC moyen était de 24,4 ± 4,8 Kg/m², la prévalence de l’obésité (IMC ≥ 30) étant de 12 %, 115 des participants (2,3 %) sont décédés au cours du suivi et 1 285 (25,6 %) ont été perdus de vue.

L’analyse a pris en compte de nombreux facteurs confondants potentiels (notamment l’âge, le sexe, l’ethnie, les antécédents familiaux de diabète, la pression artérielle diastolique, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’activité physique, l’IMC, la créatininémie, la cholestérolémie totale).

Elle associe aux taux sériques d’acide urique dépassant 7 mg/dl, en comparaison de ceux inférieurs ou égaux à 7 mg/dl : un risque de diabète (glycémie à jeun ≥ 126 mg/dl) accru de près de 90 % (ratio de risque = 1,87 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,33-2,62) ; un risque d’insulinorésistance (indice HOMA-IR ≥ 75e percentile) accru de 36 % (1,36 ; 1,23-1,51) ; un risque d’altération de la glycémie à jeun (≥ 110 mg/dl et < 126 mg/dl) accru de 25 % (1,25 ; 1,04-1,52).

À l’augmentation de 1 mg/dl de l’uricémie étaient associés des ratios de risque de 1,23 (1,08-1,39) de diabète, de 1,26 (1,20-1,31) d’insulinorésistance et de 1,21 (1,11-1,32) d’altération de la glycémie à jeun.

Cette étude est, d’après ses auteurs, la première à avoir évalué, de façon prospective, sur un suivi à long terme, chez les 18-30 ans non diabétiques, le lien entre hyperuricémie et risque de diabète incident et d’autres altérations métaboliques. Elle associe, en population adulte jeune, à l’hyperuricémie, indépendamment de l’IMC et de nombre d’autres facteurs potentiels de confusion, un risque accru de diabète, d’insulinorésistance et d’altération de la glycémie à jeun, les mécanismes qui sous-tendent ces résultats restant à éclaircir.



Dr Julie Perrot


Krishnan E et coll. : Hyperuricemia in young adults and risk of insulinoresistance, prediabetes, and diabetes: A 15-year follow-up study. Am J Epidemiol 2012 ; 176: 108-16.




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