L’hypertension pulmonaire est l’élément clé du cœur pulmonaire
chronique post-embolique. Elle a bénéficié, au cours de ces 10
dernières années, de traitements médicaux nouveaux faisant appel
aux analogues de la prostacycline, aux inhibiteurs de la
phosphodiestérase et aux antagonistes des récepteurs de
l’endothélium.
Or, d’une part, ces médicaments vasodilatateurs pulmonaires sont
loin d’être toujours efficaces et, d’autre part, près de 50 % des
patients qui y sont soumis ont des lésions artérielles qui seraient
accessibles à une endartériectomie pulmonaire chirurgicale.
Pour Madani et coll. (San Diego Medical Center, Université de
Californie) cette intervention reste le moyen le plus approprié
pour traiter l’hypertension pulmonaire chronique
post-embolique.
Depuis 1970, 2 700 endartériectomies pulmonaires ont été
effectuées dans ce Centre, dont la majorité au cours des 20
dernières années. La mortalité périopératoire a régulièrement
diminué au cours du temps, passant de 16,8 % entre 1970 et 1988 à
4,4 % entre 1998 et 2002, parallèlement à l’amélioration de la
technique et de l’hémodynamique pulmonaire.
Madani et coll. rapportent aujourd’hui les résultats des
endartériectomies pulmonaires réalisées au San Diego Medical Center
lors de ces 12 dernières années (mars 1999 à décembre 2010) chez 1
500 patients qui présentaient une hypertension pulmonaire
secondaire à un cœur pulmonaire chronique post-embolique, en
mettant l’accent sur le traitement de lésions distales situées au
niveau segmentaire.
Le devenir des 500 opérés les plus récents (groupe 2) a été
comparé à celui des 1 000 patients précédents (groupe 1).
La mortalité hospitalière a été significativement moindre pour
les 500 opérés les plus récents, à savoir 2,2 % (vs 5,2 % dans le
groupe 1 ; p < 0,01). De plus, aucun des derniers 260 patients
consécutifs opérés n’est décédé.
Il faut souligner que les 500 opérés les plus récents
présentaient pourtant, beaucoup plus souvent, des lésions distales
(segmentaires de type III) bilatérales : 21,4 % vs 13,1% dans le
groupe 1 (p < 0,001).
Après l’endartériectomie, l’amélioration de l’hémodynamique
pulmonaire a été comparable dans les 2 groupes :
-les résistances vasculaires pulmonaires sont passées de 861,2
+/- 446,2 à 94,8 +/-204,2 dynes/sec/cm-5 dans le groupe 1 et de
719,0 +/-383,2 à 253,4 +/- 148,6 dynes/sec/cm-5 dans le groupe 2
;
-la pression pulmonaire moyenne est passée de 46,1 +/- 11,4 à 28,7
+/-10,1 mm Hg dans le groupe 1 et de 45,5+/- 11,6 à 26,0+/- 8,4 mm
Hg dans le groupe 2.
Ainsi, dans le cadre d’un cœur pulmonaire embolique chronique
avec hypertension pulmonaire, l’endartériectomie pulmonaire a
amélioré significativement l’hémodynamique pulmonaire et le
pronostic alors même qu’elle a été réalisée, de plus en plus
souvent, sur des obstructions distales, segmentaires de l’artère
pulmonaire.
Dr Robert Haïat
Madani MM et coll.: Pulmonary Endarterectomy: Recent Changes in a Single Institution’s Experience of More Than 2,700 Patients. Ann Thorac Surg 2012, 94 : 97-103. doi.org/10.1016/j.athoracsur.2012.04.004
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