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Hypertension pulmonaire chronique post-embolique : l’endartériectomie pulmonaire est-elle le traitement de choix ?

Publié le 02/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’hypertension pulmonaire est l’élément clé du cœur pulmonaire chronique post-embolique. Elle a bénéficié, au cours de ces 10 dernières années, de traitements médicaux nouveaux faisant appel aux analogues de la prostacycline, aux inhibiteurs de la phosphodiestérase et aux antagonistes des récepteurs de l’endothélium.

Or, d’une part, ces médicaments vasodilatateurs pulmonaires sont loin d’être toujours efficaces et, d’autre part, près de 50 % des patients qui y sont soumis ont des lésions artérielles qui seraient accessibles à une endartériectomie pulmonaire chirurgicale.

Pour Madani et coll. (San Diego Medical Center, Université de Californie) cette intervention reste le moyen le plus approprié pour traiter l’hypertension pulmonaire chronique post-embolique.

Depuis 1970, 2 700 endartériectomies pulmonaires ont été effectuées dans ce Centre, dont la majorité au cours des 20 dernières années. La mortalité périopératoire a régulièrement diminué au cours du temps, passant de 16,8 % entre 1970 et 1988 à 4,4 % entre 1998 et 2002, parallèlement à l’amélioration de la technique et de l’hémodynamique pulmonaire.

Madani et coll. rapportent aujourd’hui les résultats des endartériectomies pulmonaires réalisées au San Diego Medical Center lors de ces 12 dernières années (mars 1999 à décembre 2010) chez 1 500 patients qui présentaient une hypertension pulmonaire secondaire à un cœur pulmonaire chronique post-embolique, en mettant l’accent sur le traitement de lésions distales situées au niveau segmentaire.

Le devenir des 500 opérés les plus récents (groupe 2) a été comparé à celui des 1 000 patients précédents (groupe 1).

La mortalité hospitalière a été significativement moindre pour les 500 opérés les plus récents, à savoir 2,2 % (vs 5,2 % dans le groupe 1 ; p < 0,01). De plus, aucun des derniers 260 patients consécutifs opérés n’est décédé.

Il faut souligner que les 500 opérés les plus récents présentaient pourtant, beaucoup plus souvent, des lésions distales (segmentaires de type III) bilatérales : 21,4 % vs 13,1% dans le groupe 1 (p < 0,001).

Après l’endartériectomie, l’amélioration de l’hémodynamique pulmonaire a été comparable dans les 2 groupes :

-les résistances vasculaires pulmonaires sont passées de 861,2 +/- 446,2 à 94,8 +/-204,2 dynes/sec/cm-5 dans le groupe 1 et de 719,0 +/-383,2 à 253,4 +/- 148,6 dynes/sec/cm-5 dans le groupe 2 ;
-la pression pulmonaire moyenne est passée de 46,1 +/- 11,4 à 28,7 +/-10,1 mm Hg dans le groupe 1 et de 45,5+/- 11,6 à 26,0+/- 8,4 mm Hg dans le groupe 2.

Ainsi, dans le cadre d’un cœur pulmonaire embolique chronique avec hypertension pulmonaire, l’endartériectomie pulmonaire a amélioré significativement l’hémodynamique pulmonaire et le pronostic alors même qu’elle a été réalisée, de plus en plus souvent, sur des obstructions distales, segmentaires de l’artère pulmonaire.



Dr Robert Haïat


Madani MM et coll.: Pulmonary Endarterectomy: Recent Changes in a Single Institution’s Experience of More Than 2,700 Patients. Ann Thorac Surg 2012, 94 : 97-103. doi.org/10.1016/j.athoracsur.2012.04.004




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