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Faut-il faire l’effort d’un suivi par échocardiographie de stress pour les patients asymptomatiques après revascularisation myocardique ?

Publié le 02/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’échocardiographie de stress, par exemple lors d’un effort (EcE), est utilisée par certaines équipes pour la  surveillance des patients ayant bénéficié d’une revascularisation myocardique chirurgicale ou par angioplastie coronaire, même en l’absence de tout symptôme. Cette démarche est plutôt empirique, au point de susciter un soupçon de polémique. Mais si l’EcE précoce est considérée comme non recommandée qu’en est-il cependant d’examens plus tardifs (2 ans après l’angioplastie et 5 ans après le pontage) ?  Quelle est alors la valeur pronostique d’une EcE positive chez  un patient totalement asymptomatique ? La prise en charge thérapeutique éventuellement suscitée par ses résultats a-t-elle une influence sur l’évolution ? Une étude de cohorte prospective tente de répondre à ces questions.

Pour ce faire, elle a inclus 2 105 patients asymptomatiques  (dont 15 % de sexe féminin, âge moyen, 64 +/10 ans). Près d’une fois sur deux (40 %), il existait des antécédents de nécrose myocardique. Dans 54 % des cas, la revascularisation avait été assurée par angioplastie coronaire et dans 46 % des cas par un pontage  aorto-coronaire. en  moyenne 4,1+/- 4,7 ans auparavant.

Tous ont bénéficié d’une surveillance par EcE et une ischémie myocardique était identifiée sur  l’apparition ou l’aggravation d’une anomalie de la contractilité. L’EcE s’est avérée positive chez 13 % des participants, mais ce résultat n’a débouché sur une autre revascularisation myocardique qu’une fois sur trois (34 %). Le suivi des patients a été en moyenne de 5,7+/-3,0 années. La mortalité estimée à 4,6 % a été associée à l’ischémie (risque relatif, RR =2,10 ; p=0,04, qu’elle ait été découverte sur une EcE précoce (p=0,03) ou tardive (≥2 ans après angioplastie ou ≥ 5 ans en cas de pontage ; p=0,001).

Pour autant les principales variables prédictives du pronostic se sont avérées être plus cliniques qu’échocardiographiques. Chez les patients asymptomatiques non diabétiques, indemnes de dysfonctionnement systolique (fraction d’éjection  (≥ 50 %) et capables d’atteindre un niveau d’effort normal (>6 METs [metabolic equivalent for task]), la probabilité d’une EcE positive ou d’un événement cardiovasculaire s’est avérée très faible. Par ailleurs la preuve n’a pu être faite que même les patients à haut risque aient tiré bénéfice d’une nouvelle revascularisation.

Par conséquent une surveillance reposant sur l’EcE suscite plus que des doutes en termes de rapport coût/efficacité. A méditer …



Dr Philippe Tellier


Harb SC et coll. Exercise testing in asymptomatic patients after revascularization : are outcomes altered? Arch Intern Med. 2012; 172: 854-861.




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