Une relation entre infection et obésité est un concept qui
aurait été considéré avec dédain il y a quelques décennies.
Plus maintenant. La médecine ayant montré depuis le rôle
déterminant de certains agents infectieux dans une liste de
maladies chroniques.
Faut-il maintenant ajouter l’obésité à cette liste ?
Le Pr Dhurandar du laboratoire « infection et obésité » en
Louisiane, USA, a essayé de répondre à cette question en passant en
revue les 60 articles publiés depuis 1990 (dont 45 durant les 5
dernières années)
Quelles sont les conclusions de cette revue?
1. Les adénovirus, qui font partie des virus responsables
d’infections respiratoires, et en particulier la souche Ad-36,
semblent être actuellement les seuls virus qui aient été associés à
l’obésité.
2. Dans les modèles animaux, l’infection expérimentale de
certains animaux (poulets, souris, primates…) montre une
association significative entre l’infection à Ad-36 avec une prise
de poids et de la masse grasse (60 % en moyenne), association ne
pouvant être expliquée par des variations dans l’apport
alimentaire. Cette réponse varie selon les espèces. Une étude
longitudinale chez les singes rhésus a permis de montrer que
l’infection naturelle à Ad-36 est associée à une prise de poids de
15 %.
3. Chez l’homme, déterminer l’action de Ad-36 sur l’obésité
est plus difficile car il n’est pas possible, pour des raisons
éthiques, de pratiquer des études contrôlées. Toutefois on a pu
constater rétrospectivement que les personnes ayant été infectées
naturellement par Ad-36 (séropositives) sont statistiquement plus
souvent obèses que les personnes non infectées (séronégatives). Un
autre travail intéressant a étudié les conséquences d’une infection
par le virus Ad-36 naturelle et discordante chez des vrais jumeaux
(28 paires). Les jumeaux séropositifs ont pris plus de poids et «
de gras » que leurs homologues séronégatifs. Bien que cette
augmentation soit statiquement significative elle reste faible (1,4
point d’IMC et 2,1 % de graisse corporelle).
En conclusion, les études actuelles sont manifestement en faveur
d’un rôle adipogénique d’Ad-36 chez l’animal. Chez l’homme on
constate seulement que l’infection naturelle par Ad-36 serait
associée à une augmentation du poids et de la masse grasse. Sachant
qu’une association n’est pas une preuve de causalité, surtout dans
une maladie aussi complexe et multifactorielle que l’obésité
humaine, la contribution des adénovirus et de Ad-36 à la prise de
poids et son ampleur restent imprécises chez l’homme. Faute
d’études contrôlées, des études longitudinales pourraient aider à
clarifier le problème dans l’avenir. Une éventuelle causalité ouvre
la voie à une possible prévention par un vaccin.
Dr Rodi Courie
Dhurandhar NV et coll. : Is obesity caused by an adenovirus? Expert Rev Anti Infect Ther., 2012 ; 10 : 521–524.
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Rôle d'un taenia
Le 12 août 2012
Un concept possible.
Je tiens à donner mon témoignage de praticien: plusieurs patients m'ont relaté leur prise de poids après avoir été victime d'un taenia une ou deux années avant.
Ces patients parlaient plutôt d'une perturbation de leur satiété persistante...
Dr Eric Gobin
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