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Maladie d’amour ou érotomanie ?

Publié le 03/08/2012   |  2 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Clérambault, Lacan… Les plus grands noms de la psychiatrie se sont intéressés au thème de l’illusion d’un « amour sans retour. » Et comme le rappelle la rubrique ‘‘Art et images en psychiatrie’’ d’Archives of General Psychiatry, ce thème du « mal d’amour » (lovesickness) a toujours inspiré, mais la terminologie pour parler des amours pathologiques a changé au fil du temps : « mélancolie érotique », « paranoïa érotique », « illusions auto-érotiques », « érotomanie »…

 Si la « mélancolie (à connotation) érotique » n’est pas à proprement parler une catégorie de maladie mentale, rappelle l’auteur, l’érotomanie en constitue une. Ce trouble psychiatrique consiste en une « croyance délirante d’être aimé » par un tiers, généralement d’un statut social plus élevé que le sien. Il se décline en une « forme primaire » (érotomanie pure) et une forme « secondaire » (s’intégrant à un contexte psychiatrique plus large, comme une psychose ou un trouble bipolaire). Limitée à la phase maniaque d’un trouble bipolaire, la maladie est sensible au traitement médicamenteux. Mais son pronostic est mauvais quand elle est associée à la schizophrénie. Ses conséquences médico-légales peuvent se révéler dramatiques, comme le montre l’exemple historique de John W Hinckley Jr[1] qui tenta (en 1981) d’assassiner le président Ronald Reagan, afin d’impressionner favorablement (!) l’actrice Jodie Foster dont il était maladivement amoureux. Espérant ainsi « gagner son respect et son amour », il décrivit plus tard son geste fou comme « la plus grande offrande faite au monde par amour. »

Quant au premier traité sur l’amour pathologique, ce fut celui du médecin agenais Jacques Ferrand (au début du XVIIème siècle[2] ), intitulé Traité de l’essence et de la guérison de l’amour ou de la Mélancolie érotique[3]. Parmi les solutions proposées alors par l’auteur, figuraient notamment « la distraction, la diffamation de l’être aimé, les traitements médicamenteux et les rapports sexuels. » On pourrait qualifier cette dernière méthode de traitement… du mal par le mal !
 
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Warnock_Hinckley_Jr
[2] L’auteur de l’article évoque la date de 1645, mais d’autres sources indiquent « publié à Toulouse en1610 » et « seconde édition de 1623. »
[3] http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1973x007x004/HSMx1973x007x004x0303.pdf



Dr Alain Cohen


James C. Harris : Lovesickness. Arch Gen Psychiatry, 2012; 69: 549.



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Vos réactions

Ne pas confondre...

Le 07 août 2012

Ne pas confondre l'érotomanie bien définie ici et les possibilités étonnantes de certains hommes capables de multiplier les actes sexuels jusque 8 par jour.
J'en ai vu trois incommodés surtout leur épouses ; et, chez l'un d'eux, je soupçonne une capacité olfactive fort différente du commun des mortels.
Dr Jean Doremieux

8 coïts/jour en permanence ?

Le 15 août 2012

Pendant combien de jours ces 8 coïts/jour ?
En permanence ?
F. Sahli

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