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Une prise en charge mal codifiée pour l’état de mal asthmatique de l’enfant

Publié le 04/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prévalence de l’asthme est en augmentation : aux USA, par exemple, elles est passée de 5,8 % en 2003 à 9,6 % en 2007. L’état de malastmatique représente une part notable des urgences pédiatriques.

Les cas nécessitant une ventilation artificielle ont été relativement peu étudiés ce qui rend difficile l’établissement de codes de bonnes pratiques.

Une étude collaborative américaine réunissant un réseau de 8 centres tertiaires a été conduite de 2005 à 2009. Les critères d’inclusion étaient un âge de 1 à 18 ans, un état de mal suffisamment sévère pour nécessiter une intubation et une ventilation artificielle et les critères d’exclusion une mucoviscidose ou une bronchiolite.

Au total, 261 patients ayant souffert d’un état de mal potentiellement mortel ou fatal ont été étudiés. L’un est décédé avant intubation et 10 (4 %) après, tous ayant été hospitalisés en réanimation. En comparaison de l’ensemble des malades admis en réanimation, il y avait plus de noirs américains parmi les asthmatiques (62 % contre 23 % ; P<0,0001) et moins d’hispaniques (10 % vs 19 % P=0,0008).

L’asthme était connu pour 226 patients (87 %) et non connu pour 33 (13 %). Dans 132/226 cas (63 %), l’asthme n’avait pas nécessité d’hospitalisation l’année précédente mais 37 % avaient été hospitalisés une ou plusieurs fois et 13,5 % en réanimation. Les antécédents des 261 patients de la série comportaient une allergie non alimentaire (76 cas 29 %), alimentaire (51 ; 20 %), un eczéma (40 ;15 %), des antécédents familiaux d’asthme (151 ; 58 %).

L’exposition à  l’allergène a été déclenchante 19 fois sur 102 (19 %). Les médicaments utilisés dans les 30 jours précédents étaient variés : β-agonistes inhalés (91 %), corticostéroïdes inhalés (50 %), oraux (2 1%) et autres ; 18 % suivaient mal les traitements.

Le traitement pharmacologique de l’état de mal n’était pas standardisé.

Avant transfert en réanimation, 81/261 patients n’avaient pas été intubés, 74 étaient conscients. Sur l’ensemble des enfants, 15 (6 %) avaient eu un barotraumatisme (pneumothorax, pneumomédiastin) et 25 un arrêt cardiaque (10 %) avant l’admission en réanimation, 15 ont survécu dont 5 avec des séquelles neurologiques. Au total, 11 enfants sont décédés dont 10 avaient eu un arrêt cardiaque avant l’admission. La durée médiane de ventilation artificielle a été de 25 heures chez les patients intubés avant l’admission en réanimation contre 84 heures pour ceux intubés après (P<0,001). Les techniques de ventilation ont été très variable d’un enfant à l’autre, le contrôle de pression étant la plus utilisée (63 %).

En conclusion, cette étude rétrospective montre la grande variabilité des prises en charge des formes les plus sévères d’état de mal asthmatique.



Pr Jean-Jacques Baudon


Newth C J L et coll. : Fatal and near-fatal asthma in children: the critical care perspective. J Pediatr., 2012; 161: 214-21




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