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Les cellules pluripotentes induites, un avenir dans la médecine personnalisée de la maladie de Parkinson ?

Publié le 07/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La maladie de Parkinson (MP) est caractérisée par une perte des neurones et des synapses dopaminergiques de la voie nigrostriatale, mais d’autres neurones sont aussi affectés. Les raisons de la perte de fonction et de la dégénérescence neuronales restent à éclaircir bien que l’on sache que des facteurs de risque environnementaux et génétiques peuvent intervenir. Plusieurs mutations ont été identifiées, dont celles affectant les gènes codant pour les kinases LRRK2 (dans une forme familiale de MP proche de la maladie idiopathique commune) et PINK1 (dans une forme précoce de parkinsonisme). La forme sporadique de la MP, la plus commune, est également soumise à des influences génétiques dont celles de gènes des formes familiales.
Dans une étude récente, une équipe américaine génère des cellules neurales à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPSCs, Induced Pluripotent Stem Cells) dérivées de fibroblastes de patients atteints de MP familiale porteurs de mutations des gènes LRRK2 et PINK1, de sujets asymptomatiques et d’individus sains exempts de ces mutations. Pour déterminer les phénotypes des cellules neurales obtenues et l’influence des mutations, la vulnérabilité cellulaire et plusieurs réponses mitochondriales sont analysées après exposition à 10 agents chimiques en lien avec la MP.
Quelques différences de sensibilité peuvent être observées selon les agents stressants utilisés, mais globalement elle va croissant selon que le type de cellules devient fonctionnellement plus proche de celles touchées par la MP (sensibilité des neurones et des cellules neurales dérivées des iPSCs > sensibilité des fibroblastes chez un même patient). De façon intéressante, quelle que soit la mutation familiale, les cellules neurales issues de malades présentent en commun une dysfonction mitochondriale. Il est possible que ces mutations compromettent leur capacité à répondre efficacement à des mitochondries endommagées par un influx d’ions potassium. D’autre part la présence d’une mutation de PINK1 rend les cellules neurales moins aptes à répondre à un stress oxydant, tandis que l’augmentation d’activité kinase due à la mutation de LRRK2 causerait une réduction de la phosphorylation oxydative, et des perturbations des dynamiques mitochondriales. Une observation à mettre en parallèle avec la régulation des microtubules par LRRK2.

La présence de mutations de PINK1 ou de LRRK2 chez les malades rend les cellules neurales plus vulnérables à la valinomycine et à la concanamycine A. Globalement, à basses concentrations de ces stresseurs, cette vulnérabilité peut être réduite pharmacologiquement par le coenzyme Q10, la rapamycine ou un inhibiteur de LRRK2, le GW5074, avec des différences entre ces agents et selon les mutations.
Au final, l’ensemble des observations suggère des voies communes entre des formes familiales de MP dues à des gènes distincts, avec une plus grande vulnérabilité associée à la mutation de PINK1, mais des dysfonctionnements similaires causés par les 2 types de mutations, et soulignent l’importance du stress oxydant et de la dysfonction mitochondriale dans la MP. D’autre part, les auteurs estiment que les cellules neurales obtenues à partir des iPSCs pourraient modéliser la maladie, et que les modèles de stress cellulaire utilisés constitueraient des outils pour étudier certains aspects de la pathogenèse ainsi que les réponses individuelles des malades à différents traitements ; un pas donc vers la médecine personnalisée de la MP, d’autant plus que la reprogrammation pourrait contribuer à définir les réponses cellulaires chez des patients encore asymptomatiques.



Dominique Monnier


Cooper O et coll. : Pharmacological rescue of mitochondrial deficits in iPSC-derived neural cells from patients with familial Parkinson's disease. Sci Transl Med 2012 Jul 4 ; 4 (141) : 141ra90.



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