> Accueil JIM > Maladie coronaire : tomoscintigraphie d’émission monophotonique à l’effort ou coroscanner ?

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Maladie coronaire : tomoscintigraphie d’émission monophotonique à l’effort ou coroscanner ?

Publié le 07/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le test d’effort sur bicyclette ergométrique reste l’une des techniques diagnostiques  les plus usitées en première intention face à une suspicion de maladie coronaire.  En cas d’incertitude, cet examen peut être couplé à une tomoscintigraphie d’émission monophotonique (TEMP) réalisée à l’aide de radiopharmaceutiques tels le thallium 201 ou encore les traceurs technétiés.  Cette imagerie dite moléculaire donne des résultats qui peuvent être comparés à ceux de l’imagerie morphologique, par exemple la coronarographie classique ou encore l’angioscanner coronaire, en quelque sorte le coroscanner. 

Une comparaison a été réalisée chez 376 patients symptomatiques, tous atteints d’un angor d’effort stable (âge moyen, 60,4 ± 10,0 ans, dont 122 de sexe féminin). Un test d’effort sur bicyclette ergométrique et/ou une TEMP ont été réalisés, ainsi que, d’une part, une coronarographie conventionnelle avec injection de produit de contraste in situ, et d’autre part, un coroscanner avec un appareil muni de 64 barrettes pour minimiser la durée de l’acquisition en haute résolution.

Les critères de positivité ont varié d’une technique à l’autre :
• ECG d’effort : sous-décalage significatif du segment ST
• TEMP : ischémie myocardique caractérisée par une hypoperfusion  d’au moins un segment sur 13 déclenchée par  l’effort et réversible au repos
• Coroscanner et coronarographie classique : au moins une sténose > 50 %

C’est la coronarographie quantitative qui a servi  de « gold standard » comme toujours dans ce type d’évaluation au travers des performances diagnostiques classiques : sensibilité (Se), spécificité (Sp), valeur prédictive positive et négative (VPP et VPN) :
• test d’effort  isolé  versus coroscanner (n = 334) : 76 % (Se) ; 47 % (Sp) ; 70 % (VPP) ; 30 % (VPN) ;
• coroscanner versus coronarographie : 100 % (Se) 74 % (Sp), 91 % (VPP), 99 % (VPN) ;
• TEMP versus coroscanner (n = 61) : 89 % (Se), 77 % (Sp), 91 % (VPP), 72 % (VPN).


En bref, il est clair que les performances diagnostiques de ces trois techniques comparées à la coronarographie classique numérisée ne sont pas identiques. L’idéal est de combiner TEMP à l’effort et coroscanner pour aboutir à une évaluation judicieuse de la maladie coronaire en faisant la part du morphologique et du fonctionnel. C’est ce qui se fait en pratique… sur des machines séparées.
Quel sera l’avenir des machines hybrides couplant une gamma-caméra et un scanner haute résolution (64 barrettes) ? C’est la question clé, le service médical rendu étant en mettre en balance avec le coût de ces prestations.



Dr Philippe Tellier


Weustink AC et coll. : Diagnostic performance of exercise bicycle testing and single-photon emission computed tomography: comparison with 64-slice computed tomography coronary angiography. Int J Cardiovasc Imaging 2012 ; 28 : 675–684.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions