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Visite virtuelle des parents en USI, plus qu’un gadget

Publié le 08/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Pour des raisons diverses (horaires de visite, disponibilité) beaucoup de parents n’arrivent pas à passer autant de temps qu’ils le voudraient auprès de leurs enfants hospitalisés dans une unité de soins intensifs néonataux [USIN]. Internet permet de réaliser des visites virtuelles, mais jusqu’à présent peu d’USINs se sont intéressées à cette possibilité.

Un article publié en 2011 dans une revue à faible « impact factor » rapporte l’expérience d’une USIN de Singapour qui s’est équipée de trois connexions à Internet à haut débit et de trois webcaméras pour transmettre, avec l’accord des parents, des vidéos de ses petits patients à un serveur Internet. Le service était proposé en maternité aux parents des grands prématurés qui devaient a priori être hospitalisés plus de trois semaines. Les webcaméras installées sur les incubateurs étaient activées à heure fixe trois fois 90 minutes par jour mais elles pouvaient être arrêtées en cas d’urgence. Les parents pouvaient visionner les vidéos en temps réel depuis un ordinateur, avec un navigateur Internet, ou depuis un téléphone portable 3G, après avoir introduit un identifiant et un mot de passe sur un portail sécurisé.

Sur trois ans, de 2005 à 2007 inclus, 46 grands prématurés (poids de naissance moyen de
1 039 grammes, âge gestationnel moyen de 28,1 semaines) ont été filmés pendant leur séjour en USIN (durée de séjour moyenne de 68,3 jours).

Par comparaison avec des enfants de poids, de terme et de gravité initiale similaires qui n’avaient pas été filmés, la durée de séjour des grands prématurés filmés a été un peu plus courte, mais pas de façon significative (68,3 versus 74,3 jours ; p > 0,05), et les visites réelles n’ont pas été moins fréquentes, mais l’étude manque de puissance du fait du petit nombre de webcaméras.

Dans le questionnaire qu’ils ont eu à remplir les parents ont exprimé leur confiance dans la sûreté du dispositif et la sécurité de l’accès aux vidéos (95 %). Ils ont trouvé le service utile pour eux et leur famille (100 %) et se sont déclarés prêts à le recommander à des utilisateurs potentiels (100 %).

Le service a un coût estimé à 7 500 dollars de Singapour (environ 5 000 euros) par an pour trois postes, mais ce coût n’a pas été répercuté sur les parents durant l’expérience.

Au total, cet article montre que des visites virtuelles sont tout à fait faisables par Internet dans l’environnement d’une USIN et qu’elles donnent satisfaction aux parents ; il ne dit pas si l’expérience a été continuée après 2007 en faisant payer les parents.

On ne peut que s’étonner que les visites virtuelles n’aient pas séduit plus d’USIN que ça. A quand une étude sur une plus grande échelle pour savoir si des visites virtuelles peuvent contribuer au maintien et au renforcement du lien parents-enfant lorsque l’hospitalisation néonatale est longue ?



Dr Jean-Marc Retbi


Yeo CL et coll. :Virtual visitation in the neonatal intensive care: experience with the use of Internet and telemedicine in a tertiary neonatal unit. Permanente J 2011 ; 15 : 32-36



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