Les médicaments prescrits dans les troubles érectiles (TE),
utilisés au « coup par coup », ne modifient pas les mécanismes
physiologiques de l’érection, alors que les thérapies géniques ou à
base de cellules souches cherchent à restaurer la fonction.
C’est dans cette perspective que les auteurs
américano-israéliens ont eu recours à la lithotritie
extracorporelle à faible intensité (LEC-FI), réputée favoriser
l’angiogenèse. Ils ont donc conduit un essai randomisé, en double
aveugle, contre traitement simulé chez les hommes dont les TE
étaient améliorés par les inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase
(I5PD).
Ils ont recruté 60 hommes porteurs de TE depuis plus de 6 mois,
prenant des I5PD et prêts à les interrompre pendant la durée de
l’étude, n’ayant pas été traités pour cancer de la prostate ; le
tirage au sort (ratio 2/1) en a désigné 20 pour le traitement
simulé et 40 pour la LEC-FI ; les 2 groupes étant similaires en
termes d’âge, de pathologies associées, de sévérité des TE. Les
hommes ont rempli des questionnaires spécialisés scorant leurs
performances et ont subi de plus une étude pléthysmographique de
leur flux sanguin pénien au repos et après occlusion veineuse.
Le traitement par LEC-FI a consisté en 2 séances par semaine
pendant 3 semaines, répétées après une pause de 3 semaines, soit 9
semaines. Après un mois (sans I5PD), les hommes ont été à nouveau
évalués par questionnaire et pléthysmographie (et encore à 3
mois).
Les ondes de choc ont été appliquées avec une sonde ad hoc sur
une face du pénis et sur toute sa longueur après l’avoir oint d’un
gel (d’échographie) : on a délivré 120 ondes de choc par minute sur
5 points pendant 15 minutes, avec une énergie de 0,09 mJ/mm². Dans
la sonde des traitements simulés, une plaque de métal empêchait les
ondes de choc de frapper le pénis, sans que rien ne le laissât
supposer au malade ni au soignant. Les patients insatisfaits (n =
23), qu’ils fussent dans le groupe traité effectivement (n = 7), ou
dans le groupe traitement simulé (n = 16), ont pu obtenir des
séances supplémentaires.
Au terme des évaluations, une amélioration de 6 points des
scores a été constatée chez les hommes soumis à la LEC-FI vs 3 dans
le groupe traitement simulé, la prise de ≥ 5 points étant
rencontrée chez 26 (65 %) des premiers vs 4 (20 %) des seconds.
C’est au niveau du désir sexuel, de la dureté de l’érection et de
la satisfaction générale que les progrès sont les plus flagrants,
corroborés par la pléthysmographie. Il n’y a eu aucun effet
indésirable et les résultats ont été encore améliorés chez ceux qui
avaient réclamé une « rallonge ».
Dr Jean-Fred Warlin
Vardi Y et coll. : Does low intensity extracorporeal shock wave therapy have a physiological effect on erectile function ? Short-term results of a randomized, double-blind, sham controlled study. J Urol 2012 ; 187 : 1769-1775.
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