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Des calcifications valvulaires de mauvaise augure

Publié le 08/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Certains travaux ont associé en population générale et en population non diabétique à haut risque de maladie cardiovasculaire (atteinte d’HTA, de maladie coronarienne, de néphropathie chronique, par exemple), l’existence d’une sclérose valvulaire aortique (SVA) à un risque accru de maladie cardiovasculaire et de décès de cause cardiovasculaire. D’autres ont associé, principalement en population non diabétique, la calcification de l’anneau mitral (CAM) à une augmentation de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires. Dans ce contexte lourd, des équipes italiennes ont porté leur attention sur la relation entre VAS, CAM et mortalité chez les patients atteints de DT2, quasi oubliés dans les travaux menés jusque-là.

L’étude conduite par A. Rossi et coll., qui a examiné rétrospectivement les données de la Verona Diabetes Study (étude observationnelle longitudinale sur les complications chroniques du DT2), a porté sur 902 diabétiques de type 2, suivis en externe en service de diabétologie, en CHU à Vérone, ayant eu, entre 1992 et 2007, une échocardiographie transthoracique, et répartis en trois groupes selon le score de calcification valvulaire (CV).

Parmi les 902 patients inclus (362 femmes), 52,9 %, âgés en moyenne de 66 ± 9 ans, se sont avérés indemnes de toute atteinte valvulaire en échocardiographie (groupe CV-0, n’ayant ni épaississement ni calcification) ; l’atteinte était monovalvulaire chez 33,7 % des patients (groupe CV-1, de 71 ± 8 ans d’âge moyen ; CAM dans 4,8 % des cas, VAS dans 28,9 %) et bivalvulaire, aortique et mitrale, chez 13,4 % (groupe CV-2, âgé en moyenne de 73 ± 8 ans).
Sur un suivi moyen de 9 années, 137 patients sont décédés (15,2 %), 78 d’entre eux de cause cardiovasculaire.

L’analyse a pris en compte de nombreux facteurs confondants potentiels (notamment l’âge, le sexe, l’IMC, la durée du diabète, le tabagisme, la pression artérielle systolique, les taux d’hémoglobine glyquée et de LDL-cholestérol, le débit de filtration glomérulaire, les antécédents d’infarctus du myocarde, la prise d’antihypertenseurs et celle d’hypolipémiants).

Après ajustements, elle met en évidence un risque de décès toutes causes plus que doublé chez les patients du groupe CV-1 (ratio de risque de 2,3 ; intervalle de confiance à 95 % de 1,1 à 4,9 ; p < 0,01) et multiplié par plus de 9 dans le groupe CV-2 (9,3 ; 3,9-17,4 ; p < 0,001), en comparaison du groupe CV-0. L’association persistait lorsque les ajustements étaient poussés sur la masse ventriculaire gauche, la fraction d’éjection du ventricule gauche : ratios de risque dans les groupes CV-1 et CV-2, respectivement de 2,5 (1,5-4,2) (p < 0,005) et de 5,5 (2,9-10,5) (p < 0,001). Les résultats étaient semblables pour la relation à la mortalité de cause cardiovasculaire.
Cette étude associe chez les patients ayant un diabète de type 2, indépendamment des facteurs traditionnels de risque cardiovasculaire, l’existence d’une sclérose valvulaire aortique et celle d’une calcification de l’anneau mitral, à un risque accru de décès en comparaison de patients indemnes de ces atteintes valvulaires. L’association a été observée qu’une seule ou que les deux valves soit atteintes ; le lien le plus fort à la mortalité revenant aux atteintes bivalvulaires (p pour la tendance < 0,0001).

De type rétrospectif et longitudinal, l’étude ne permet cependant pas de conclure à une relation causale, et appelle confirmation sur de plus vastes cohortes. L’impact d’interventions visant à réduire la progression de l’atteinte valvulaire sur l’incidence des événements cardiovasculaire et le risque de décès reste à déterminer.



Dr Julie Perrot


Rossi A et coll. : Aortic and mitral annular calcifications are predictive of all-cause and cardiovascular mortality in patients with type 2 diabetes. Diabetes Care 2012 ; 35 : 1781-6.




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