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Syndrome d’apnées obstructives du sommeil chez la femme : quid de la sexualité ?

Publié le 08/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) n’est pas sans retentir sur la sexualité du fait même de ses symptômes/signes cliniques et des modalités de l’oxygénothérapie nocturne. Ce sujet est souvent évoqué chez l’homme, et chez la femme, tout prête à penser qu’il n’en va guère autrement. La ménopause pourrait interférer avec l’expression du dysfonctionnement sexuel. C’est du moins ce que suggèrent les résultats d’une étude cas-témoins dans laquelle ont été incluses 103 femmes toutes atteintes d’un SAOS, dont 43 en préménopause (âge moyen, 42,1 ± 4,9) et 58 ménopausées (âge moyen, 59,9 ± 4,8 ans).

Trois échellles ont été utilisées pour évaluer les troubles fonctionnels et l’humeur, respectivement la  Epworth sleepiness scale (ESS), le Beck Depression Inventory (BDI) et un index dit Female Sexual Function Index (FSFI).

En outre, sur le plan biologique, ont été mesurés, de façon systématique, les taux plasmatiques de testostérone, d’estradiol et de progestérone. 

Le bilan a été complété par un enregistrement polysomnographique nocturne qui a permis d’évaluer l’index d’aphées et d’hypopnées (IAH) et de constituer ainsi deux groupes, selon la valeur de ce dernier : (1) peu ou pas sévère (IAH : 10-30) ; (2) sévère (IAH > 30). Un groupe témoin a, pour sa part, été composé de sujets sains, notamment sans SAOS.

Un syndrome sévère a été associé à des scores FSFI moyens bas que la femme soit ménopausée ou « préménopausée » (respectivement 16,5 ± 4,0 et 16,9 ± 4,7), comparativement aux formes cliniques peu ou pas sévères [23,4 ± 5,5 (p < 0,01) et 21,8 ± 7,5, (p < 0,05)] et comparativement aux groupes témoins [27,0 ± 5,5, (p < 0,01) et 24,0 ± 6,7(p < 0,01)].

 Parmi les paramètres hormonaux, seuls les taux plasmatiques de progestérone ont été significativement corrélés aux valeurs du score FSFI (r = 0,39 ; p < 0,01). De fait, en cas de SAOS sévère chez les femmes en préménopause, les taux de cette hormone se sont avérés être significativement plus bas versus les formes peu sévères (p < 0,01) et versus les témoins (p < 0,01).  

En bref, comme on pouvait s’y attendre, le SAOS chez les femmes ménopausées ou non retentit sur le fonctionnement sexuel. La relation est du type dose-effet chez les femmes ménopausées. La progestérone pourrait jouer un rôle clé dans ces associations, tout au moins chez les femmes en préménopause, ce qui reste à confirmer.



Dr Peter Stratford


Stavaras C et coll. : Sexual function in pre- and post-menopausal women with obstructive sleep apnea syndrome. Int J Impot Res. 2012. Publication avancée en ligne le 7 juin 2012.



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