Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) n’est pas
sans retentir sur la sexualité du fait même de ses symptômes/signes
cliniques et des modalités de l’oxygénothérapie nocturne. Ce sujet
est souvent évoqué chez l’homme, et chez la femme, tout prête à
penser qu’il n’en va guère autrement. La ménopause pourrait
interférer avec l’expression du dysfonctionnement sexuel. C’est du
moins ce que suggèrent les résultats d’une étude cas-témoins dans
laquelle ont été incluses 103 femmes toutes atteintes d’un SAOS,
dont 43 en préménopause (âge moyen, 42,1 ± 4,9) et 58 ménopausées
(âge moyen, 59,9 ± 4,8 ans).
Trois échellles ont été utilisées pour évaluer les troubles
fonctionnels et l’humeur, respectivement la Epworth
sleepiness scale (ESS), le Beck Depression Inventory (BDI) et un
index dit Female Sexual Function Index (FSFI).
En outre, sur le plan biologique, ont été mesurés, de façon
systématique, les taux plasmatiques de testostérone, d’estradiol et
de progestérone.
Le bilan a été complété par un enregistrement polysomnographique
nocturne qui a permis d’évaluer l’index d’aphées et d’hypopnées
(IAH) et de constituer ainsi deux groupes, selon la valeur de ce
dernier : (1) peu ou pas sévère (IAH : 10-30) ; (2) sévère (IAH
> 30). Un groupe témoin a, pour sa part, été composé de sujets
sains, notamment sans SAOS.
Un syndrome sévère a été associé à des scores FSFI moyens bas
que la femme soit ménopausée ou « préménopausée » (respectivement
16,5 ± 4,0 et 16,9 ± 4,7), comparativement aux formes cliniques peu
ou pas sévères [23,4 ± 5,5 (p < 0,01) et 21,8 ± 7,5, (p <
0,05)] et comparativement aux groupes témoins [27,0 ± 5,5, (p <
0,01) et 24,0 ± 6,7(p < 0,01)].
Parmi les paramètres hormonaux, seuls les taux
plasmatiques de progestérone ont été significativement corrélés aux
valeurs du score FSFI (r = 0,39 ; p < 0,01). De fait, en cas de
SAOS sévère chez les femmes en préménopause, les taux de cette
hormone se sont avérés être significativement plus bas versus les
formes peu sévères (p < 0,01) et versus les témoins (p <
0,01).
En bref, comme on pouvait s’y attendre, le SAOS chez les femmes
ménopausées ou non retentit sur le fonctionnement sexuel. La
relation est du type dose-effet chez les femmes ménopausées. La
progestérone pourrait jouer un rôle clé dans ces associations, tout
au moins chez les femmes en préménopause, ce qui reste à
confirmer.
Dr Peter Stratford
Stavaras C et coll. : Sexual function in pre- and post-menopausal women with obstructive sleep apnea syndrome. Int J Impot Res. 2012. Publication avancée en ligne le 7 juin 2012.
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