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Eltrombopag dans l’aplasie médullaire sévère réfractaire

Publié le 08/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’eltrombopag est un agoniste oral du récepteur de la thrombopoïétine. En France, son utilisation est approuvée dans le purpura thrombocytopénique immunologique chronique réfractaire aux autres thérapeutiques. Ici, les auteurs rapportent les résultats d’un essai clinique de phase 2 dans l’aplasie médullaire sévère réfractaire aux traitements conventionnels. Les traitements conventionnels sont représentés par l’immunosuppression ou l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Cependant un tiers des patients sont réfractaires ou rechutent après une immunosuppression bien conduite et tous ne peuvent bénéficier d’une allogreffe. Le récepteur de la thrombopoiétine n’est pas seulement exprimé par les mégacaryocytes mais aussi par les cellules souches et progéniteurs hématopoïétiques.

L’essai clinique a inclus 25 patients atteints d’aplasie médullaire sévère présentant une thrombocytopénie inférieure à 30 000/mm3 au moins 6 mois après une ou 2 cures d’immunosuppression par sérum anti lymphocytaire et ciclosporine. L’eltrombopag était proposé à la dose initiale de 50 mg/j. La posologie pouvait être augmentée par paliers de
25 mg jusqu’à un maximum de 150 mg/j. L’objectif principal était d’évaluer la réponse hématologie à 12 semaines. La réponse plaquettaire était définie par une augmentation des plaquettes de plus de 20 000/mm3 par rapport au taux de base ou l’obtention d’une indépendance transfusionnelle. La réponse érythroïde était définie par une augmentation d’au moins 1,5 g/dl de l’hémoglobine chez les patients sous le seuil des 9 g/dl avec indépendance transfusionnelle ou une réduction des transfusions d’au moins 2 culots/mois. La réponse neutrophile était définie par une augmentation des neutrophiles au dessus de 500/mm3 ou de plus de 100 % par rapport au taux initial.

Les 25 patients traités avaient un âge médian de 44 ans (18-77) et le délai médian depuis le diagnostic était de 26 mois (13-136). La plupart (88 %) étaient réfractaires primaires à l’immunosuppression. Huit étaient porteurs d’un clone HPN. Le taux de réponse sur au moins une des lignées était de 44 % (11 patients). Neuf des 11 patients ont obtenu une indépendance transfusionnelle en plaquettes, 2 ont aussi obtenu une réponse érythroïde et 2 une réponse neutrophile. Chez 8 des 11 répondeurs, la réponse a été durable avec une durée médiane de suivi de 10 mois. Aucune hémopathie secondaire n’a été constatée chez les patients répondeurs et le traitement ne semble pas avoir engendré de myélofibrose. Quant à la tolérance de l’eltrombopag, elle était satisfaisante, la plupart des événements indésirables semblant être plutôt liés à l’hémopathie qu’au médicament.

En conclusion, des résultats très prometteurs qui méritent confirmation et recherche fondamentale afin de mieux appréhender les mécanismes de ce succès.



Dr Delphine Rea


Olnes MJ et coll. : Eltrombopag and improved hematopoiesis in refractory aplastic anemia. New Engl J Med 2012 ; 367 : 11-19.



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