La radio-embolisation associe dans ses principes de base : 1)
une embolisation qui consiste à injecter par voie intra-artérielle
des microsphères ; 2) une curiethérapie car ces dernières sont
porteuses d’yttrium 90 (90Y), un radionucléide caractérisé par
l’émission de rayonnements bêta de haute énergie dont le libre
parcours au sein des tissus est de l’ordre de 2,4 mm. De ce fait,
le transfert d’énergie linéique (quantité d’énergie transférée au
milieu par la particule incidente par unité de longueur de
trajectoire) est élevé.
L’irradiation concerne essentiellement les tissus tumoraux et les
doses absorbées sont souvent élevées sans porter trop atteinte aux
tissus sains. Ce sont les lésions hépatiques malignes, notamment
les métastases, qui sont le plus souvent traitées par
radio-embolisation, quand leur exérèse chirurgicale n’est pas
possible, ou encore, quand elles ne répondent pas ou plus à la
chimiothérapie.
A ce stade, le pronostic vital est mis en jeu et il est capital de
pouvoir évaluer la durée de la survie après ce traitement. Il
existe une technique qui répond à ce besoin, en l’occurrence la
tomographie par émission de positons (TEP), couplée à la
tomodensitométrie (TDM) et réalisée après l’injection de
fluorodéoxyglucose (FDG) marqué par le 18F (18F-FDG-TEP-TDM). Qu’on
en juge en se référant à une étude de cohorte prospective dans
laquelle ont été incluses 58 femmes atteintes d’un cancer du sein
associé à des métastases hépatiques non opérables et peu sensibles
à la chimiothérapie.
Dans ces conditions, c’est la radio-embolisation à l’90Y qui a
été utilisée, l’injection étant faite dans l’artère hépatique. La
18F-FDG-TEP-TDM a été effectuée à l’état basal et 3 mois plus tard
et l’évaluation semi-quantitative de la fixation tumorale a reposé
sur le SUVmax (standardized uptake value max). Une diminution d’au
moins 30 %, 3 mois après l’intervention, a été considérée comme une
réponse positive. L’IRM avec injection d’un agent paramagnétique et
un scanner avec injection d’un produit de contraste ont été
pratiquées chez 43 patientes.
La durée médiane de la survie a été de 47 semaines. Celle-ci
s’est avérée plus longue en cas de baisse significative du SUVmax,
en l’occurrence 65 versus 43 semaines chez les non répondeurs (p
< 0,05). Une analyse multivariée a montré que le paramètre le
plus prédictif de la survie était la baisse du SUVmax,
indépendamment des autres variables pronostiques, le risque relatif
correspondant étant en effet de 0,23 (répondeurs versus non
répondeurs ; p < 0,005). Aucun des éléments suivants n’a eu
d’incidence significative sur la durée de la survie : métastases
extra-hépatiques, statut des récepteurs hormonaux ou encore réponse
au traitement évaluée par IRM ou TDM.
Dr Philippe Tellier
Bravo PE et coll. : 18F-FDG PET/CT predicts survival after radioembolization of hepatic metastases from breast cancer. J Nucl Med 2012 ; 53 : 371-377.
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