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Quels facteurs prédictifs de blessure splénique au cours de la chirurgie colorectale ?

Publié le 09/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La blessure peropératoire de la rate (BPR) est une complication grave, source d’une morbidité et d’une mortalité propres. Si une BPR survient, la chirurgie conservatrice de la rate est souhaitable mais il se peut que l’hémorragie impose la splénectomie totale. Les lésions les plus fréquentes sont des déchirures capsulaires, mais il peut aussi s’agir d’avulsions ou d’hématomes sous-capsulaires. La chirurgie colorectale est la principale pourvoyeuse de BPR du fait des connexions anatomiques entre la rate et l’angle gauche du colon, dit splénique. Les auteurs californiens ont enquêté sur les facteurs de risque de cet accident au cours de la chirurgie colorectale, et, du fait de sa relative rareté, ont eu recours pour ce faire à la base de données de l’échantillon national des hospitalisés NIS, couvrant environ 8 millions d’hospitalisations (mais ne renseignant pas sur les suites après la sortie).

Tous les patients du fichier NIS ayant eu une résection colorectale, par voie ouverte ou cœlioscopique, en urgence ou à froid, entre 2006 et 2008, ont été inclus, et l’on a noté l’indication de ces résections. On a repéré ceux qui avaient subi un geste secondaire sur la rate.
Pendant ces 3 ans, 975 825 malades (53 % femmes), dont la moitié avaient dépassé 65 ans, ont bénéficié d’une chirurgie colorectale. Le cancer colorectal représentait 35 % des indications, 58 % des interventions ont été effectuées à froid et 7 % par voie cœlioscopique.
 
L’incidence des blessures spléniques a été de 0,96 % (0,72 % à froid et 1,28 % en urgence). On leur a opposé le plus souvent (84,7 %) la splénectomie totale, mais une splénectomie partielle a été possible dans 1,7 % des cas, cependant que la chirurgie conservatrice (colles biologiques, sutures appuyées, enveloppement par des « charlottes » résorbables) a été possible sur 13,6 % des rates blessées.

Comme on pouvait s’y attendre, ce sont les colectomies transverses (3,4 %), gauches, ou totales, qui ont amené le plus grand taux de BPR. Les tumeurs bénignes, ne nécessitant pas de décrochage de l’angle gauche, en entraînent 2 fois moins que les cancers. Leur taux est aussi significativement abaissé par la voie cœlioscopique (risque divisé par 3,4). Le risque est aussi majoré chez l’homme (facteur 1,2), chez l’artéritique, et dans les hôpitaux universitaires astreints à un rôle d’enseignement.
 
Quand plusieurs facteurs sont associés (par ex. homme entrant en urgence pour une colectomie gauche pour cancer dans un hôpital universitaire), une vaccination prophylactique contre le pneumocoque peut être discutée.



Dr Jean-Fred Warlin


Masoomi H et coll. : Predictive factors of splenic injury in colorectal surgery. Data from the Nationwide Inpatient Sample, 2006-2008. Arch Surg 2012 ; 147 (4) : 324-329.



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