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L’ostéoporose du sujet âgé de sexe masculin : (trop) souvent méconnue ?

Publié le 10/08/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’ostéoporose est souvent conjuguée au féminin, de fait dans ses formes post-ménopausiques qui ont fait l’objet d’une grande sollicitude médicale au cours des vingt dernières années. C’est oublier l’ostéoporose sénile qui concerne les deux sexes. Ce rappel à la réalité émane d’une étude épidémiologique descriptive dans laquelle ont été inclus 600 sujets de sexe masculin, en l’occurrence des Danois âgés de 60 à 74 ans, tous choisis par hasard au sein de la population générale.
 
L’absorptiométrie biphotonique X est la technique diagnostique de choix au travers de la densité minérale osseuse (DMO), mais ses valeurs normales n’ont, pour l’instant, été définies que chez la femme, ce qui n’est pas sans poser problème. Les fractures vertébrales sont un autre stigmate de l’ostéoporose qui a l’avantage de ne pas dépendre du sexe.  

Dans l’étude en question, la DMO a été systématiquement mesurée et c’est le T-score qui a été choisi pour diagnostiquer l’ostéoporose, en se référant aux valeurs normales établies dans le sexe féminin. La maladie a été identifiée par un T-score < ou = 2,5 DS. Avec ce critère, sa prévalence a été estimée à moins de 1 % dans l’ensemble de la population étudiée. En revanche, avec d’autres critères définis à partir de bases de données, notamment celle issue de l’étude NHANES III, la prévalence de l’ostéoporose a atteint 11,5 %. Des fractures vertébrales, au moins une, ont été mises en évidence chez 6,3 % des participants et dans ce sous-groupe, la DMO s’est avérée inférieure aux valeurs obtenues en l’absence d’anomalies rachidiennes. Cependant, les déformations vertébrales n’ont été associées à une ostéoporose que moins d’une fois sur quatre (24 %).
 
En bref, cette étude montre les limites actuelles des critères utilisés dans le diagnostic de l’ostéoporose chez le sujet âgé de sexe masculin, en l’occurrence dans la tranche 60-74 ans. La maladie est à l’évidence souvent méconnue, l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas de stratégie thérapeutique validée dans le  sexe masculin.



Dr Philippe Tellier


Frost M et coll. : Osteoporosis and vertebral fractures in men aged 60–74 years. Age Ageing 2012 ; 41 : 171-177.



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Vos réactions

Un témoignage

Le 10 août 2012

Etant atteint depuis la soixantaine d'une ostéoporose, j'ai constaté que mon fils, avait vers 55 ans une ostéo-densitomètrie inquiétante. Celui-ci est décédé par autolyse vers 57 ans, je ne puis donc affirmer le caractère génétique de cette affection. Pourtant, mon expérience de gériatrie me pousse à le penser. J'ai eu depuis des tas de tassements vertébraux (4 en tout et lombaires). J'ai subi une injection vers T10-11 et 12 pour empêcher l'aggravation, mais je suis un peu infirme, car je me déplace de plus en plus difficilement. J'ai 86 ans et demi.
Je crois que des recherches génétiques (même chez la femme) seraient utiles.

Dr Pierre Dinouart

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