L’ostéoporose est souvent conjuguée au féminin, de fait dans ses
formes post-ménopausiques qui ont fait l’objet d’une grande
sollicitude médicale au cours des vingt dernières années. C’est
oublier l’ostéoporose sénile qui concerne les deux sexes. Ce rappel
à la réalité émane d’une étude épidémiologique descriptive dans
laquelle ont été inclus 600 sujets de sexe masculin, en
l’occurrence des Danois âgés de 60 à 74 ans, tous choisis par
hasard au sein de la population générale.
L’absorptiométrie biphotonique X est la technique diagnostique de
choix au travers de la densité minérale osseuse (DMO), mais ses
valeurs normales n’ont, pour l’instant, été définies que chez la
femme, ce qui n’est pas sans poser problème. Les fractures
vertébrales sont un autre stigmate de l’ostéoporose qui a
l’avantage de ne pas dépendre du sexe.
Dans l’étude en question, la DMO a été systématiquement mesurée
et c’est le T-score qui a été choisi pour diagnostiquer
l’ostéoporose, en se référant aux valeurs normales établies dans le
sexe féminin. La maladie a été identifiée par un T-score < ou =
2,5 DS. Avec ce critère, sa prévalence a été estimée à moins de 1 %
dans l’ensemble de la population étudiée. En revanche, avec
d’autres critères définis à partir de bases de données, notamment
celle issue de l’étude NHANES III, la prévalence de l’ostéoporose a
atteint 11,5 %. Des fractures vertébrales, au moins une, ont été
mises en évidence chez 6,3 % des participants et dans ce
sous-groupe, la DMO s’est avérée inférieure aux valeurs obtenues en
l’absence d’anomalies rachidiennes. Cependant, les déformations
vertébrales n’ont été associées à une ostéoporose que moins d’une
fois sur quatre (24 %).
En bref, cette étude montre les limites actuelles des critères
utilisés dans le diagnostic de l’ostéoporose chez le sujet âgé de
sexe masculin, en l’occurrence dans la tranche 60-74 ans. La
maladie est à l’évidence souvent méconnue, l’occasion de rappeler
qu’il n’y a pas de stratégie thérapeutique validée dans le
sexe masculin.
Dr Philippe Tellier
Frost M et coll. : Osteoporosis and vertebral fractures in men aged 60–74 years. Age Ageing 2012 ; 41 : 171-177.
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Un témoignage
Le 10 août 2012
Etant atteint depuis la soixantaine d'une ostéoporose, j'ai constaté que mon fils, avait vers 55 ans une ostéo-densitomètrie inquiétante. Celui-ci est décédé par autolyse vers 57 ans, je ne puis donc affirmer le caractère génétique de cette affection. Pourtant, mon expérience de gériatrie me pousse à le penser. J'ai eu depuis des tas de tassements vertébraux (4 en tout et lombaires). J'ai subi une injection vers T10-11 et 12 pour empêcher l'aggravation, mais je suis un peu infirme, car je me déplace de plus en plus difficilement. J'ai 86 ans et demi.
Je crois que des recherches génétiques (même chez la femme) seraient utiles.
Dr Pierre Dinouart
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