Les facteurs qui contribuent à l’élévation de la pression
artérielle (PA) sont les habitudes alimentaires, l’obésité et la
vie sédentaire mais le rôle de la qualité du sommeil est mal connu.
Chez l’adulte, les troubles respiratoires du sommeil sont un
facteur de risque d’hypertension artérielle et de maladies
cardio-vasculaires.
Des chercheurs de Tucson ont conduit une étude prospective sur les
apnées du sommeil de l’enfant et ses conséquences neurocognitives
grâce à des enregistrements du sommeil réalisés à domicile. Dans ce
cadre, à partir de questionnaires remplis par les parents portant
sur les caractéristiques du sommeil, 503 enfants âgés de 6 à 11 ans
ont été sélectionnés pour l’enregistrement, 334 ont pu avoir un
contrôle 5 ans plus tard avec un suivi de la PA et des paramètres
anthropométriques. L’hypertension artérielle a été définie par une
PA ≥ 95ème percentile pour l’âge, la taille et le sexe, une HTA
systolique pour une PA > 120 mmHg et diastolique pour une PA
> 80 mmHg.
L’enregistrement polysomnographique a comporté l’EEG,
l‘électro-oculogramme, l’électromyogramme sous-mental, les
mouvements thoraciques et abdominaux, le flux nasal ou oral, la
pression nasale, l’oxymétrie de pouls, l’enregistrement des
ronflements et les positions du corps. Tous ces paramètres ont
permis de juger de la qualité du sommeil au cours de ses différents
stades et de mesurer les épisodes d’apnée et d’hypopnée. Les
enfants ont été considérés comme ayant des troubles respiratoires
du sommeil en cas d’un évènement anormal ou plus par heure.
Parmi les 334 enfants, 48,8 % étaient des filles, 35,6 % des
hispaniques. L’âge moyen au 1er enregistrement était de 9 ± 1,6 ans
et au 2ème de 13,7 ± 1,8 ans. Les PA moyennes systoliques et
diastoliques augmentaient significativement d’une mesure à l’autre.
Au départ, 15 % des enfants étaient obèses et 19,5 % en fin
d’étude. La prévalence de l’obésité était plus élevée chez les
hispaniques que chez les caucasiens : 21,9 % contre 11,2 % au début
(p = 0,009) et 29,4 % contre 13,6 % à la fin (p < 0,001).
Une HTA a été trouvée pour 12 enfants au début (3,6 %), et 5 ans
plus tard chez 14 (4,2 % NS).
Plus important, pendant l’étude, l’augmentation de l’IMC et la
diminution du temps de sommeil étaient associées à une augmentation
de la PA systolique, même après correction pour l’âge, le sexe et
l’ethnie. L’effet sur la PA diastolique était moins
significatif.
Après ajustement en fonction des facteurs de confusion, l’existence
de perturbations du sommeil avait tendance à augmenter la PA.
En conclusion, l’élévation de l’IMC et la réduction du temps de
sommeil sont corrélés à des chiffres plus élevés de PA chez
l’adolescent avec une tendance à un effet des troubles
respiratoires du sommeil.
Pr JJ Baudon
Archbold KH et coll. : Effects of sleep patterns and obesity on increases in blood pressure in a 5-year period: report from the Tucson Children’s Assessment of Sleep Apnea Study. J Pediatr 2012 ; 161: 26-30.
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