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Quels effets de la qualité du sommeil et de l’obésité sur la pression artérielle des enfants ?

Publié le 10/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les facteurs qui contribuent à l’élévation de la pression artérielle (PA) sont les habitudes alimentaires, l’obésité et la vie sédentaire mais le rôle de la qualité du sommeil est mal connu. Chez l’adulte, les troubles respiratoires du sommeil sont un facteur de risque d’hypertension artérielle et de maladies cardio-vasculaires.
 
Des chercheurs de Tucson ont conduit une étude prospective sur les apnées du sommeil de l’enfant et ses conséquences neurocognitives grâce à des enregistrements du sommeil réalisés à domicile. Dans ce cadre, à partir de questionnaires remplis par les parents portant sur les caractéristiques du sommeil, 503 enfants âgés de 6 à 11 ans ont été sélectionnés pour l’enregistrement, 334 ont pu avoir un contrôle 5 ans plus tard avec un suivi de la PA et des paramètres anthropométriques. L’hypertension artérielle a été définie par une PA ≥ 95ème percentile pour l’âge, la taille et le sexe, une HTA systolique pour une PA > 120 mmHg et diastolique pour une PA > 80 mmHg.
 
L’enregistrement polysomnographique a comporté l’EEG, l‘électro-oculogramme, l’électromyogramme sous-mental, les mouvements thoraciques et abdominaux, le flux nasal ou oral, la pression nasale, l’oxymétrie de pouls, l’enregistrement des ronflements et les positions du corps. Tous ces paramètres ont permis de juger de la qualité du sommeil au cours de ses différents stades et de mesurer les épisodes d’apnée et d’hypopnée. Les enfants ont été considérés comme ayant des troubles respiratoires du sommeil en cas d’un évènement anormal ou plus par heure.

Parmi les 334 enfants, 48,8 % étaient des filles, 35,6 % des hispaniques. L’âge moyen au 1er enregistrement était de 9 ± 1,6 ans et au 2ème de 13,7 ± 1,8 ans. Les PA moyennes systoliques et diastoliques augmentaient significativement d’une mesure à l’autre. Au départ, 15 % des enfants étaient obèses et 19,5 % en fin d’étude. La prévalence de l’obésité était plus élevée chez les hispaniques que chez les caucasiens : 21,9 % contre 11,2 % au début (p = 0,009) et 29,4 % contre 13,6 %  à la fin (p < 0,001). Une HTA a été trouvée pour 12 enfants au début (3,6 %), et 5 ans plus tard chez 14 (4,2 % NS).

Plus important, pendant l’étude, l’augmentation de l’IMC et la diminution du temps de sommeil étaient associées à une augmentation de la PA systolique, même après correction pour l’âge, le sexe et l’ethnie. L’effet sur la PA diastolique était moins significatif.
Après ajustement en fonction des facteurs de confusion, l’existence de perturbations du sommeil avait tendance à augmenter la PA.

En conclusion, l’élévation de l’IMC et la réduction du temps de sommeil sont corrélés à des chiffres plus élevés de PA chez l’adolescent avec une tendance à un effet des troubles respiratoires du sommeil.



Pr JJ Baudon


Archbold KH et coll. : Effects of sleep patterns and obesity on increases in blood pressure in a 5-year period: report from the Tucson Children’s Assessment of Sleep Apnea Study. J Pediatr 2012 ; 161: 26-30.



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