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Nilotinib en première ligne dans la LMC en phase chronique : résultats à 36 mois

Publié le 10/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le nilotinib, un inhibiteur de tyrosine kinase (ITK) qui a démontré son efficacité chez les patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) en échec ou intolérants à l’imatinib, est évalué dans le cadre d’un essai de phase 3 face à l’imatinib chez les patients en phase chronique (PC) nouvellement diagnostiqués. Il a reçu l’AMM et le feu vert de l’HAS à la dose de 300 mgx2/j suite aux résultats préliminaires à 12 mois sur la base d’un taux de réponses moléculaires majeures (RMM) supérieur à celui induit par l’imatinib. L’essai clinique devait initialement durer 5 ans et sa durée a été étendue cette année à 8 ans. Ici, les résultats sont présentés après au moins 3 ans de recul.

Le taux d’arrêt de traitement est notable, de 29 % dans le bras nilotinib 300 mgx2 et de 38 % dans le bras imatinib. Les sorties d’essai en lien avec un échec thérapeutique ou une progression sont un peu plus fréquentes dans le bras imatinib que dans le bras nilotinib. Le taux cumulé de RMM à 36 mois est plus élevé dans le bras nilotinib 300 mgx2 que dans le bras imatinib : 73 % contre 53 %. Le taux de RMM à 36 mois chez les patients ayant eu une évaluation moléculaire à ce moment est de 85 % dans le bras nilotinib et de 64 % dans le bras imatinib. Le taux cumulé de RM 4 à 36 mois est de 54 % sous nilotinib contre 26 % sous imatinib. Le taux cumulé de RM 4,5 à 36 mois est de 35 % sous nilotinib contre 15 % sous imatinib. Le taux de transformation vers la phase accélérée ou blastique est inférieur dans le bras nilotinib 300 mgx2 (0,7 % versus 4,2 %). La différence est statistiquement significative. En revanche, la survie sans progression et la survie globale sont comparables dans les bras nilotinib et imatinib. Quant à la tolérance des médicaments, celle de l’imatinib n’offre pas de surprise. Le nilotinib a la particularité d’engendrer plus d’éruptions cutanées et d’être associé à la possibilité de dyslipidémie et d’hyperglycémies. Enfin, certains patients sous nilotinib développent des accidents occlusifs artériels.

Au total, la supériorité du nilotinib est confirmée, mais elle ne se traduit par aucun avantage en termes de survie globale. Les réponses moléculaires sont plus profondes que sous imatinib. La toxicité métabolique et artérielle du nilotinib mérite une attention particulière. Les mécanismes et les facteurs de risque d’une telle toxicité demeurent mal identifiés. L’évolution au fil du temps des patients inclus dans cet essai se devra d’être suivie avec intérêt.



Dr Delphine Rea


Larson RA et coll. : Nilotinib vs imatinib in patients with newly diagnosed Philadelphia chromosome-positive chronic myeloid leukemia in chronic phase : ENESTnd 3-year follow-up. Leukemia 2012. Publication avancée en ligne le 15 Juin 2012. doi:10.1038/leu.2012.134.



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