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Dasatinib en première ligne dans la LMC en phase chronique : résultats à 24 mois

Publié le 10/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le dasatinib, un inhibiteur de tyrosine kinase (ITK) qui a démontré son efficacité chez les patients atteints de leucémie myéloïde chronique (LMC) en échec ou intolérants à l’imatinib, est évalué dans le cadre d’un essai de phase 3 face à l’imatinib chez les patients en phase chronique (PC) nouvellement diagnostiqués. Il a reçu l’AMM suite aux résultats préliminaires à 12 mois sur la base d’un taux de réponses cytogénétiques complètes (RCyC) supérieur à celui induit par l’imatinib, mais n’a pas reçu le feu vert des autorités de santé françaises pour son remboursement dans ce cadre. L’essai clinique doit durer 5 ans. Ici, les résultats sont présentés après au moins 2 ans de recul.

Le taux d’arrêt de traitement est notable et comparable dans les 2 bras (23 % sous dasatinib et 25 % sous imatinib). Les raisons de sortie d’essai ne différent pas de manière substantielle entre les 2 bras : événements indésirables, progressions et échecs thérapeutiques et décès. Le nombre de décès est légèrement supérieur chez les patients sous dasatinib. Le taux cumulé de réponse cytogénétique complète (RCyC) à 24 mois est de 86 % sous dasatinib et 82 % sous imatinib, et le taux de RCyC à 24 mois chez les patients ayant eu une évaluation cytogénétique à ce moment est de 91 % sous dasatinib et 90 % sous imatinib. La différence constatée lors de l’analyse à 12 mois est donc estompée. En revanche, les réponses moléculaires sont plus profondes chez les patients traités par dasatinib : le taux cumulé de réponse moléculaire majeure (RMM) à 24 mois est de 64 % sous dasatinib contre 46 % sous imatinib. Le taux de RMM à 24 mois chez les patients ayant eu une évaluation moléculaire à ce moment est de 69 % dans le bras dasatinib et de 52 % dans le bras imatinib. Le délai médian d’obtention de la RMM est plus court sous dasatinib (15 mois versus 36 mois). Le taux cumulé de RM 4,5 à 24 mois est de 17 % sous dasatinib contre 8 % sous imatinib. Le taux de transformation vers la phase accélérée ou blastique est inférieur dans le bras dasatinib (3,2 % versus 5 %). La différence ne semble pas statistiquement significative. La survie sans progression, sans échec thérapeutique, et la survie globale sont comparables dans les bras dasatinib et imatinib. Quant à la tolérance du médicament, celle de l’imatinib n’offre pas de surprise. Le taux d’épanchement pleural sous dasatinib est notable : 14 %. Il est rapporté que 3 patients ont développé une hypertension artérielle pulmonaire sous dasatinib.
 
Au total, si la supériorité du dasatinib en terme de taux de RCyC s’estompe après 24 mois, les réponses moléculaires demeurent plus profondes que sous imatinib. Cet avantage ne se traduit pas en bénéfice de survie. La toxicité pulmonaire du dasatinib mérite une attention particulière. Les mécanismes et les facteurs de risque d’une telle toxicité demeurent mal identifiés. L’évolution au fil du temps des patients inclus dans cet essai se devra d’être suivie avec intérêt.



Dr Delphine Rea


Kantarjian H et coll. : Dasatinib or imatinib in newly diagnosed chronic-phase chronic myeloid leukemia: 2-year follow-up from a randomized phase 3 trial (DASISION). Blood 2012 ; 119 : 1123-1129.



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