Les nouveaux anticoagulants (apixaban, dabigatran, and rivaroxaban)
ont été développés comme une alternative à la warfarine notamment
dans le traitement des patients en fibrillation auriculaire
(FA).
Dans cette indication, une méta-analyse de Miller et coll. a
comparé, l’efficacité et la sécurité d’emploi de ces 2 stratégies
d’anticoagulation. Elle a porté sur 3 grands essais cliniques
(ARISTOTLE, RE-LY et ROCKET AF) regroupant 44 563 patients.
Les patients assignés par randomisation à l’un de ces 3
nouveaux anticoagulants ont eu un risque moindre de voir
survenir le critère composite principal associant accident
vasculaire cérébral (AVC) de toute cause et embolie
systémique (risque relatif [RR] = 0,78 ; intervalle de
confiance à 95 % [IC95] de 0,67 à 0,92). Dans ce groupe,
l’incidence des critères secondaires, à savoir AVC ischémique et de
cause indéterminée (RR = 0,87 ; IC95 de 0,77 à 0,99), AVC
hémorragique (RR = 0,45 ; IC95 de 0,31 à 0,68), décès de
toute cause (RR = 0,88 ; IC95 de 0,82 à 0,95) et décès de cause
vasculaire (RR = 0,87 ; IC95 de 0,77 à 0,98) a également été
significativement moindre que sous warfarine.
Les données examinées n’ont pas permis de conclure
(différence non significative entre les 2 groupes) quant aux
hémorragies majeures (RR = 0,88 ; IC95 de 0,71 à 1,09) et
gastro-intestinales (RR = 1,25 ; IC95 de 0,91 à 1,72) ; En
contraste, elles ont objectivé une diminution significative
du risque d’hémorragie intracrânienne (RR = 0,49 ; IC95 de
0,36 à 0,66) sous nouvel anticoagulant.
Il apparaît ainsi que chez les patients en FA, les nouveaux
anticoagulants sont plus efficaces que la warfarine en
prévention des AVC et des embolies systémiques. Compte tenu
du fait qu’ils s’accompagnent d’une diminution des saignements
intracrâniens, ils semblent avoir un profil de sécurité favorable
et constituent une alternative prometteuse à l’usage de la
warfarine.
Ces données sont d’autant plus intéressantes qu’on sait que la
warfarine est largement sous-utilisée en raison de la contrainte
des contrôles de coagulation et du risque hémorragique qui
lui est inhérent (seuls 50% à 60% des patients en FA qui devraient
bénéficier d’un tel traitement y sont réellement soumis) et
que, sous warfarine, 30 % à 50 % du temps thérapeutique se situe en
dehors de la cible (INR 2 à 3) fixée.
Dr Robert Haïat
Miller et coll. : Meta-analysis of efficacy and safety of new oral anticoagulants (dabigatran, rivaroxaban, apixaban) versus warfarin in patients with atrial fibrillation. Am J Cardiol 2012 ; 110 : 453– 460.
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