Une étude expérimentale prospective en double aveugle a été
menée aux Pays-Bas pour évaluer le rôle de l’irritabilité cutanée
dans la survenue d’une polysensibilisation aux allergènes de
parfums (au moins 3 allergènes différents ne possédant pas de
réactivité croisée).
Ce travail a inclus 100 patients (20 hommes et 80 femmes) âgés
de 18 à 75 ans ayant une allergie de contact diagnostiquée par une
positivité du test au fragrance mix I (FM I) et/ou au fragrance mix
II (FM II) de la batterie standard européenne.
Les patients ont été testés sur le dos avec 25 composants
chimiques des parfums en plus des mélanges FM I et II. Les tests
ont été codés pour assurer le double-aveugle.
Ils ont été enlevés à 48 heures, lus le jour même, puis à 72
heures, et 144 heures, par un seul spécialiste entraîné.
Lors de ces tests, une réaction positive est survenue chez 75
patients pour le FM I, pour 33 patients pour le FM II et pour 26
pour les 2 mélanges.
Les réactions positives individuelles les plus fréquemment
observées étaient vis-à-vis de E. prunastri (25 % ; intervalle de
confiance à 95 % [IC95] de 16,9 à 34,7 %), E. furfuracea (19 % ;
IC95 de 11,8 à 28,1 %), et hydroxyisohexyl 3-cyclohexène
carboxaldéhyde (17% ; IC95 de 10,2 à 25,8 %).
La lecture au 7ème jour (qui n’est pas pratiquée en routine pour le
parfum) a permis de mettre en évidence, chez 9 patients, 4
réactions à l’isoeugénol, 2 au farnésol, une au hydroxyisohexyl
3-cyclohexene carboxaldéhyde, une au cinnamyl alcohol, une au
citronellol et une réaction au FM I.
Un test d’irritation a par ailleurs été pratiqué par
l’application pendant 24 heures d’un patch de sodium lauryl sulfate
à des concentrations différentes (0 %, 0,45 %, 0,67 %, 1 %, et 1,5
%) sur le bras. La sensibilité de la peau à l’irritation a été
évaluée par la mesure de la perte en eau transépidermique (TEWL) à
J-2, J-3 et J-7. La réaction maximale à 48 heures a été utilisée
comme référence.
Les patients polysensibilisés présentaient un niveau plus élevé
de réponse à l’irritation que les autres aux concentrations de 1 et
1,5 %.
Cette susceptibilité particulière de la peau à l’irritation
pourrait donc être un facteur de risque de développement d’une
polysensibilisation aux allergènes des parfums.
Dr Geneviève Démonet
Mariette JC et coll. : The role of the skin irritation response in polysensitization to fragrances” Contact Dermatitis 2012 ; 67 (1) : 28-35.
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