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La contraception progestative, plus sûre en cas de risque thrombo-embolique

Publié le 13/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La contraception progestative intéresserait-elle moins que celle associant oestrogène et progestérone ? Sans doute, si l’on en croit les auteurs d’une méta-analyse sur le risque thrombo-embolique lié à ce type de contraception et qui n’ont pu sélectionner que 8 études observationnelles traitant de la question.

Sur le total des patientes incluses, 147 ont présenté un accident thrombo-embolique. Aucune des études ne retrouve d’augmentation du risque et l’analyse globale des résultats va dans le même sens (risque relatif = 1,03 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,76 à 1,39). Les études étant assez homogènes, les auteurs ont réalisé une analyse en sous-groupes pour rechercher un éventuel effet du mode d’administration. Trois voies d’administration étaient représentées : la voie orale, la voie locale par l’intermédiaire du dispositif intra-utérin et la voie injectable à longue durée d’action. Les deux premières ne sont pas associées à une majoration du risque thrombo-embolique. La voie injectable en revanche pourrait être associée à un risque plus que doublé (2,67 ; 1,29 à 5,53). Ce résultat devra toutefois être confirmé, car seules les données de 2 études ont pu être exploitées pour cette voie d’administration.
 
Selon les auteurs, la sécurité relative de la contraception progestative par voie orale ou intra-utérine tient aux doses administrées, absorbées et métabolisées, beaucoup moins importantes que celles contenues dans les pilules oestro-progestatives.

Quelques points restent toutefois non explorés.
Il est regrettable que cette méta-analyse ne fasse pas la distinction entre les différents progestatifs. De récents travaux ont en effet attiré l’attention sur l’augmentation du risque thrombo-embolique associé aux contraceptifs oestro-progestatifs contenant les progestatifs dits de 3ème génération (désogestrel, gestodène et norgestimate), par rapport aux plus anciens (lévonorgestrel, lynestrénol, et norethistérone). L’explication avancée est que, combinés aux oestrogènes, ces progestatifs récents augmentent la résistance à la protéine C activée plus que les anciens progestatifs. Rien n’indique que ce soit le cas quand le progestatif est utilisé seul, mais il eut été intéressant de le voir confirmé dans cette analyse. La grande majorité des patientes incluses dans les études utilisaient des progestatifs anciens.

Seulement 2 des études étaient menées chez des patientes à haut risque. Dans la pratique pourtant, si l’on excepte le dispositif intra-utérin à la progestérone, la contraception progestative est le plus souvent proposée à des femmes dont le risque thrombo-embolique est élevé. La question reste donc posée de la sécurité de ce mode de contraception chez ce type de patientes.



Dr Roseline Péluchon


Mantha S et coll. : Assessing the risk of venous thromboembolic events in women taking progestin-only contraception: a meta-analysis.
BMJ 2012 ; 345 : e4944.



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