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L’échographie en 2ème ligne dans le dépistage de la luxation congénitale de hanche

Publié le 13/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

NMP. Clarke est l’un des pionniers européens du dépistage de la luxation congénitale de la hanche [LCH] par échographie. Voilà 25 ans qu’il a lancé un programme de « dépistage échographique secondaire sélectif » pour les nouveau-nés d’une maternité britannique. L’échographie est effectuée à 2 semaines s’il y a des signes d’examen (ressaut, abduction limitée), et à 6 semaines, s’il n’y a que des facteurs de risque (présentation du siège, antécédents familiaux, malpositions des pieds). L’examen comprend une étude statique et une étude dynamique de l’articulation de la hanche.

Un article publié dans Archives of Disease in Childhood présente le bilan de ce programme. En 21 ans (1988-2008),18,9 % des enfants nés vivants à la maternité de Southampton (n = 20 344/107 440) ont passé une échographie de hanche à 2 ou à 6 semaines, à la Clinique de la Hanche, qui prend en charge les LCH ; 3,8 % d’entre eux (n = 774/ 20 344) avaient une dysplasie de hanche et ont été aussitôt mis dans un harnais de Pavlick pour une durée de six semaines. Il a fallu traiter chirurgicalement 0,74 ‰ des nouveau-nés en additionnant les échecs du harnais de Pavlick (n = 42) et les LCH diagnostiquées après 3 mois (n = 37).

Les LCH diagnostiquées après 3 mois n’avaient eu ni signes d’examen ni facteurs de risque à la naissance ; autrement dit le dépistage échographique n’a pas connu un seul faux négatif (sensibilité à 100 %, avec un recul minimum de 1 an).

Du point de vue du rapport coût-efficacité et de l’utilisation des ressources le dépistage échographique secondaire sélectif représentait un compromis entre un dépistage purement clinique et un dépistage échographique généralisé. Par rapport au premier, il a fait diminuer le taux du traitement chirurgical des LCH (qui était de 1,28 ‰ avant 1988), ce qui étaye l’idée qu’une prise en charge précoce allège le traitement des LCH. Par rapport au second, il a permis d’éviter plus de quatre échographies sur 5 et des faux positifs, sources de traitements abusifs, avec en contrepartie 0 à 4 diagnostics tardifs de LCH par an. On a toutefois observé une augmentation progressive du nombre annuel des nouveau-nés adressés à la Clinique de la Hanche, pour des raisons diverses (peur de problèmes médico-légaux, etc.).

Au total, pour NMP. Clarke, la bonne place de l’échographie dans le dépistage de la LCH se trouve en 2ème ligne, c.-à-d. après un tri effectué sur des bases cliniques. Son programme, qui exclut les LCH tératologiques, présente deux particularités notables : il débute après la sortie de maternité et il intègre sur le même lieu l’échographie et le traitement éventuel ; ce qui permet de bénéficier d’examens de bonne qualité et d’une prise en charge globale des LCH. D’après lui, il se rapproche beaucoup d’un programme de surveillance.



Dr Jean-Marc Retbi


Clarke NMP et coll. Twenty years experience of selective secondary ultrasound screening for congenital dislocation of the hip. Arch Dis Child 2012 ; 97 : 423-429.



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