NMP. Clarke est l’un des pionniers européens du dépistage de la
luxation congénitale de la hanche [LCH] par échographie. Voilà 25
ans qu’il a lancé un programme de « dépistage échographique
secondaire sélectif » pour les nouveau-nés d’une maternité
britannique. L’échographie est effectuée à 2 semaines s’il y a des
signes d’examen (ressaut, abduction limitée), et à 6 semaines, s’il
n’y a que des facteurs de risque (présentation du siège,
antécédents familiaux, malpositions des pieds). L’examen comprend
une étude statique et une étude dynamique de l’articulation de la
hanche.
Un article publié dans Archives of Disease in Childhood présente
le bilan de ce programme. En 21 ans (1988-2008),18,9 % des enfants
nés vivants à la maternité de Southampton (n = 20 344/107 440) ont
passé une échographie de hanche à 2 ou à 6 semaines, à la Clinique
de la Hanche, qui prend en charge les LCH ; 3,8 % d’entre eux (n =
774/ 20 344) avaient une dysplasie de hanche et ont été aussitôt
mis dans un harnais de Pavlick pour une durée de six semaines. Il a
fallu traiter chirurgicalement 0,74 ‰ des nouveau-nés en
additionnant les échecs du harnais de Pavlick (n = 42) et les LCH
diagnostiquées après 3 mois (n = 37).
Les LCH diagnostiquées après 3 mois n’avaient eu ni signes
d’examen ni facteurs de risque à la naissance ; autrement dit le
dépistage échographique n’a pas connu un seul faux négatif
(sensibilité à 100 %, avec un recul minimum de 1 an).
Du point de vue du rapport coût-efficacité et de l’utilisation
des ressources le dépistage échographique secondaire sélectif
représentait un compromis entre un dépistage purement clinique et
un dépistage échographique généralisé. Par rapport au premier, il a
fait diminuer le taux du traitement chirurgical des LCH (qui était
de 1,28 ‰ avant 1988), ce qui étaye l’idée qu’une prise en charge
précoce allège le traitement des LCH. Par rapport au second, il a
permis d’éviter plus de quatre échographies sur 5 et des faux
positifs, sources de traitements abusifs, avec en contrepartie 0 à
4 diagnostics tardifs de LCH par an. On a toutefois observé une
augmentation progressive du nombre annuel des nouveau-nés adressés
à la Clinique de la Hanche, pour des raisons diverses (peur de
problèmes médico-légaux, etc.).
Au total, pour NMP. Clarke, la bonne place de l’échographie dans
le dépistage de la LCH se trouve en 2ème ligne, c.-à-d. après un
tri effectué sur des bases cliniques. Son programme, qui exclut les
LCH tératologiques, présente deux particularités notables : il
débute après la sortie de maternité et il intègre sur le même lieu
l’échographie et le traitement éventuel ; ce qui permet de
bénéficier d’examens de bonne qualité et d’une prise en charge
globale des LCH. D’après lui, il se rapproche beaucoup d’un
programme de surveillance.
Dr Jean-Marc Retbi
Clarke NMP et coll. Twenty years experience of selective secondary ultrasound screening for congenital dislocation of the hip. Arch Dis Child 2012 ; 97 : 423-429.
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