Heureusement peu fréquent (survenant environ chez 0,5 % des
sujets sous neuroleptiques), le syndrome malin des neuroleptiques
(SMN) représente une grave complication pouvant émailler un
traitement par ces médicaments antipsychotiques. Cette « réaction
idiosyncrasique » existe à la fois avec des neuroleptiques
classiques (première génération) ou atypiques (seconde génération).
Et même si la mortalité imputable à ce syndrome semble actuellement
diminuer, il est important de le reconnaître et de le prévenir, vu
la gravité de ses séquelles possibles (neuropsychiatriques ou
organiques).
Si la « tétrade classique » du SMN associe « un brusque accès de
fièvre, une instabilité, des troubles extrapyramidaux et une
altération de l’état mental », d’autres symptômes (biologiques ou
para-cliniques) peuvent se rencontrer : hyperleucocytose, anomalies
de l’électrocardiogramme, de la coagulation, du bilan des
électrolytes, troubles de la fonction rénale, de la fonction
hépatique…
Une étude a exploité les données du registre australien de
pharmacovigilance ADRAC, considéré comme « l’un des meilleurs du
monde » et recensant les effets latéraux des médicaments, en
particulier les statistiques relatives aux 208 SMN constatés en
Australie entre 1994 et 2010, afin de comparer les caractéristiques
des SMN selon le type de neuroleptique prescrit (première ou
seconde génération).
Cette enquête montre globalement que les sujets avec SMN induit
par un neuroleptique de seconde génération sont en général « plus
jeunes et plus volontiers étiquetés psychotiques. » Dans les deux
populations (patients sous neuroleptiques classiques ou atypiques),
la symptomatologie du SMN est « très similaire », excepté une «
moindre fréquence de la rigidité ou des troubles extrapyramidaux »
avec les neuroleptiques de seconde génération, comparativement à
l’emploi des neuroleptiques de première génération. Et surtout, la
mortalité se révèle « beaucoup plus faible » (3 %) en cas de SMN
sous neuroleptiques de seconde génération, par rapport à celle
observée lors d’un SMN sous neuroleptique classique (16,3 %), mais
les raisons de cette différence demeurent encore « indéterminées
».
Dr Alain Cohen
Trollor JN et coll. : Comparison of neuroleptic malignant syndrome induced by first- and second-generation antipsychotics. Br J. Psychiatry 2012 ; 201 : 52–56.
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