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Mortalité liée à l’embolie pulmonaire et filtre cave

Publié le 14/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Au cours de la maladie veineuse thrombo-embolique (MVTE), le recours aux filtres dans la veine cave (FC) semble être de moins en moins exceptionnel. Leurs indications se sont progressivement élargies, tout en étant mieux codifiées. A titre d’exemples : contre-indications aux anticoagulants, ou encore échec de ceux-ci, récidives emboliques en général associées à un cœur pulmonaire chronique post-embolique ou à une hypertension artérielle pulmonaire « secondaire », haut risque post-opératoire de MVTE, présence d’un thrombus récent et flottant dans la veine cave inférieure ou une veine iliaque, cette liste n’étant pas exhaustive. En outre, leur implantation peut être temporaire ou définitive.
Paradoxalement, l’impact des FC sur la mortalité est mal connu, notamment pendant une hospitalisation motivée par une MVTE évolutive. La consultation d’une vaste base de données (Nationwide Inpatient Sample) a permis de réaliser une étude rétrospective chez des patients atteints d’une embolie pulmonaire traitée ou non au moyen d’un FC.
La mortalité hospitalière estimée à la sortie des services impliqués dans l’étude s’est avérée un peu plus faible avec les FC, soit 21 420 sur 97,700 (7,2 %) versus 135 240 sur 1 712 800 (7,9 %) sans FC (p < 0,0001), chez des patients tous dans une situation clinique et hémodynamique stable. Chez ces patients stables, un traitement thrombolytique a été entrepris de façon exceptionnelle (1,4 %), et dans ce cas de figure, la mortalité hospitalière a été de 6,4 % (n = 550/8 550) en cas de FC implanté versus 15 % en l’absence de ce dispositif (n = 2 950/19 050) ; p < 0,0001.
Chez les patients instables qui ont bénéficié d’une thrombolyse systémique, là aussi, l’implantation d’un FC a été associée à une mortalité plus faible, soit 7,6 % (n = 505/6 630) versus 18 % (n = 2 600/14 760 (p < 0,0001).Cependant, en l’absence de thrombolyse, la présence d’un FC a été également associé à un moindre risque de décès, soit 33 % (n = 4 260/12 850) versus 51 % (n = 19 560/38 000) (p < 0,0001).
Que conclure ? Si l’on veut réduire la mortalité précoce de l’embolie pulmonaire récente, les FC seraient à réserver, d’une part aux patients stables qui bénéficient d’une thrombolyse, d’autre part aux patients instables qui ne sont pas nécessairement candidats à la thrombolyse. Des études de cohorte prospectives idéalement contrôlées méritent d’être envisagées pour valider ces résultats encore hypothétiques.

Dr Philippe Tellier


Stein PD et coll. : Impact of vena cava filters on in-hospital case fatality rate from pulmonary embolism. Am J Med 2012 ; 125 : 478-484.



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