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Maladie cœliaque des seniors : quelles caractéristiques ?

Publié le 14/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La maladie cœliaque n’a été considérée que récemment comme une pathologie affectant les personnes âgées. Qu’enseigne la comparaison entre formes cliniques de populations d’âge différent ?
Au total, 1 225 patients diagnostiqués dans un centre de référence italien de 1990 à 2010 ont été répartis en 2 cohortes en fonction de l’âge au diagnostic de maladie cœliaque : groupe A pour les 65 ans et plus (n = 59), et groupe B pour les 18-64 ans (n = 1 166). Les 65 ans et plus représentait 5 % des patients. Le sex ratio (près de 3 femmes pour 1 homme) était similaire dans les 2 groupes. En revanche, l’IMC du groupe A (22,5 ± 4,3) différait significativement de celui des 18-34 ans (21,7 ± 3,2).

Au diagnostic, la perte de poids et la dyspepsie étaient plus fréquentes chez les sujets plus âgés (respectivement 37 % et 22 % versus 21 % et 12 %) ; le météorisme était en revanche plus rare. Les autres signes physiques étaient similaires dans les 2 groupes. La prévalence de l’ostéoporose masculine était de 67 % chez les plus vieux versus 14 % chez les plus jeunes ; les chiffres correspondants chez les femmes étant de 70 % versus 9 % (p < ,001).

Les anticorps anti-transglutaminase et/ou endomysium étaient positifs chez 90 % des personnes du groupe A et chez 89 % des plus jeunes. Les lésions histologiques étaient comparables (Marsh III chez 82 % des sujets du groupe A et 88 % de ceux du groupe B). Sévérité des lésions histologiques et ostéodensitométrie lombo-sacrée étaient corrélées.

La pathologie la plus fréquemment associée à la maladie cœliaque était la thyroïdite. La prévalence des lymphomes malins non hodgkiniens (LMNH) était de 5 % dans le groupe A versus 0,3 % dans le groupe B. Les taux d’hémoglobine, d’albumine, de calcium et de vitamine D du groupe A étaient significativement inférieurs à ceux du groupe B, alors que ceux d’IgA étaient plus élevés.
Au bout de 30 mois, l’effet du régime sans gluten a été évalué chez 43 sujets du groupe A et 944 sujets du groupe B. L’IMC a augmenté dans les 2 groupes, significativement dans le groupe B. Les symptômes ont disparu ou diminué chez 69 % des sujets du groupe A et 95 % des sujets du groupe B, amélioration et diminution des taux d’anticorps ont été rapportées dans les mêmes proportions (comme les variations des IgA et de l’albumine). Quatre-vingt-neuf pour cent des sujets du groupe A et 93 % de ceux du groupe B n’ont pas fait d’entorse au régime sans gluten. La structure des villosités duodénales a été normalisée dans 79 % des cas dans le groupe A et 82 % des cas pour le groupe B. Les T-scores lombo-sacrés ont augmenté significativement.

La forte prévalence du LMNH chez les sujets les plus âgés pourrait s’expliquer par le recrutement hospitalier. Par ailleurs, il ressort de cette étude que Le régime sans gluten peut être bien géré quel que soit l’âge et est histologiquement efficace chez les personnes âgées, même si les symptômes ont été moins soulagés (syndrome fonctionnel associé, dépression, perception d’un mauvais état de santé). La perte de poids reflèterait davantage la dyspepsie qu’une malabsorption sévère. L’âge n’aggraverait que faiblement le risque osseux de la maladie cœliaque. En l’absence de groupe contrôle, il n’a pas été possible de déterminer si les différences biologiques n’étaient dues qu’au vieillissement.

L’apparition de signes gastro-intestinaux chez les plus de 50 ans doit faire rechercher une maladie cœliaque, dont la présentation reste homogène quel que soit l’âge. Ce dernier ne doit pas représenter un frein à la mise en place d’un régime sans gluten.



Dr Anne Bourdieu


Casella S et coll. : Celiac diseases in elderly adults: clinical, serological, and histological characteristics and the effect of a gluten-free diet. J Am Geriatr Soc 2012 ; 60 : 1064-1069.



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