De nombreux travaux épidémiologiques soulignent l'intérêt de
l'activité physique pour prévenir les maladies chroniques. Compte
tenu de la forte prévalence de la sédentarité, celle-ci
pourrait désormais être l'un des principaux facteurs de risque de
ces pathologies invalidantes et même des décès précoces.
Une équipe de chercheurs vient de regrouper des données émanant du
monde entier sur l'association entre "l'inactivité physique" (IP)
et quatre des principales maladies chroniques non infectieuses :
coronaropathies, diabète de type 2, cancers du sein et du colon.
Les recueils d'informations étant hétérogènes d'un pays à l'autre,
les analyses ont été réalisées de façon « conservative »,
minimisant ainsi les effets délétères potentiels de l'IP.
L'IP a été définie comme le non respect des recommandations de
l'Organisation Mondiale de la Santé (1). Sa prévalence chez les cas
(sujets qui seront malades ou qui décéderont pendant la période de
suivi) était plus élevée que celle des populations sources
(population dont les cas sont issus) : + 23 %, +22 %, +20 %, +5 %,
respectivement pour le diabète, le cancer du colon, les
coronaropathies et le cancer du sein.
Outre ces prévalences, les auteurs ont rassemblé les résultats
d'études de cohortes et de méta analyses pour déterminer les
risques relatifs de développer les quatre maladies chroniques
d'intérêt chez les non actifs par rapport aux sujets physiquement
actifs. Ils ont alors pu calculer, au niveau de la population, la
fraction attribuable à l'IP dans la survenue de ces quatre
pathologies. Ainsi au niveau mondial, l'IP serait responsable de 6
% des coronaropathies, 7 % des diabètes de type 2, 10 % des cancers
du sein et 10 % des cancers du colon. Elle serait en cause dans 9 %
des décès prématurés.
Les auteurs ont également conclu que la « disparition » de
l'IP augmenterait d'environ 0,7 ans l'espérance de vie au
niveau mondial. Ce chiffre parait faible ! Toutefois, il doit être
correctement interprété : le gain attendu est d'autant plus
important que l'on agit sur une population sédentaire dans laquelle
il serait de une à plusieurs années.
Un autre calcul réalisé à partir de ces résultats montre qu'une
simple réduction de 10 % de la prévalence de l'IP entraînerait une
réduction de plus de 533 000 décès par an dans le monde.
Au total, cette étude montre que la responsabilité de l'IP dans la
survenue des maladies chroniques et des décès prématurés est du
même ordre que celle des facteurs de risque traditionnels
modifiables, notamment le tabagisme. A l'évidence, cette étude
présente d'importantes limites méthodologiques. Néanmoins, elle a
le mérite de donner une représentation concrète des bénéfices
potentiels de la lutte contre l'IP au niveau des populations.
Dr Boris Hansel
Lee IM et coll. for the Lancet Physical Activity Series Working Group : Effect of physical inactivity on major non-communicable diseases worldwide: an analysis of burden of disease and life expectancy. Lancet 2012 : 380 (9838) : 219-29.
(1) : http://whqlibdoc.who.int/publications/2010/9789241599979_eng.pdf
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Vos réactions |
Trop de données manquantes
Le 17 août 2012
Dans cet article, il n'est pas question de tranches d'âge, de durée de la sédentarité, de rapport poids/sédentarité. Personnellement, je ne pense pas que l'on puisse tirer des conclusions d'un tel travail.
D. Faucher
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