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La fréquence cardiaque de repos prédictive du risque de complications chez les diabétiques de type 2

Publié le 16/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Différentes études ont associé à l’augmentation de la fréquence cardiaque de repos (FCR) un accroissement du risque de décès et de malade cardiovasculaire (MCV), tant chez les sujets en bonne santé apparente que chez ceux ayant une MCV (HTA, maladie coronarienne, insuffisance cardiaque). Le lien entre FCR et MCV ayant été l’objet d’une attention relativement moindre chez le diabétique (le diabète doublant pourtant la mortalité et le risque de toute une gamme de complications vasculaires), des auteurs français ont évalué la relation entre FCR et complications à long terme, cardiovasculaires et rénales, chez les patients atteints de diabète de type 2 (DT2).

C’est auprès des membres de la cohorte SURDIAGENE, suivis depuis 2002, au CHU de Poitiers, afin d’identifier les déterminants génétiques et environnementaux des complications micro- et macrovasculaires du DT2, que A. Miot et coll. ont mené la présente étude, prospective, monocentrique.
La fréquence cardiaque a été déterminée sur ECG. Le critère d’intérêt principal de l’étude était un item composite, ajusté sur la mortalité de cause non cardiovasculaire, de morbi-mortalité cardiovasculaire et rénale, comprenant les décès de cause cardiovasculaire, les infarctus du myocarde et/ou les AVC non-fatals, les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, la mise en œuvre d’un traitement de substitution rénale. Le critère secondaire, rénal, composite lui aussi, ajusté sur la mortalité toutes causes, comprenait le traitement de substitution rénale ou le doublement du taux de créatinine sérique de départ.

À l’inclusion, la population étudiée, comptait 1 088 patients (58 % d’hommes), vivant dans la région de Poitiers, indemnes de néphropathie non diabétique, atteints de DT2, âgés de 65,14 ± 10,61 ans en moyenne, dont 11 % étaient fumeurs. L’IMC moyen était de 30,93 ± 6,03 et le DT2 était connu depuis 14,93 ± 10,07 ans. Le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) était en moyenne de 7,87 ± 1,53 %, la créatininémie de 101,61 ± 74,24 µmol/l, et la FCR en moyenne de 70,98 ± 13,58 bpm. Parmi ces patients, 31 % avaient, à l’inclusion, des antécédents de MCV et 34 % des antécédents de néphropathie.
Sur un suivi médian de 4,2 ans, le critère d’intérêt principal, de morbi-mortalité cardiovasculaire et rénale, a été le fait de 253 patients (23 %), soit un taux d’incidence cohorte entière de 59,5 p. 1 000 sujets-années (intervalle de confiance à 95 % de 52,2 à 66,8 p. 1 000 sujets-années). Ce taux d’incidence était de 104,3 p. 1 000 sujets-années (85,8-122,8 p. 1 000) dans le sous-groupe ayant des antécédents de MCV à l’entrée dans l’étude, et de 42,5 p. 1 000 sujets-années (35,2-49,8) dans le sous-groupe indemne de tels antécédents.
Le critère secondaire, rénal, a été le fait de 62 patients (6 %), le taux d’incidence cohorte entière étant de 14 p. 1 000 sujets-années (10,5-17,5 p. 1 000). Les taux d’incidence étaient de 15,7 p. 1 000 sujets-années (8,8-22,6) dans le sous-groupe de patients qui avaient à l’inclusion des antécédents de MCV et de 13,3 p. 1 000 sujets-années (9,3-17,4) dans celui alors sans antécédents de MCV.
Dans le sous-groupe de patients à antécédents de MCV à l’inclusion et ayant eu des complications du critère principal d’intérêt, la FCR s’est avérée plus élevée que dans le groupe dont l’évolution n’a pas été grevée de complications cardiovasculaires (72 ± 16 vs 65 ± 12 bpm ; p = 0,0002).
La FCR était plus élevée aussi chez les patients ayant initialement des antécédents de MCV et ayant développé des complications rénales du critère secondaire que chez ceux sans antécédents de MCV initiaux (77 ± 13 vs 66 ± 12 bpm ; p < 0,0001).
Il n’a pas été observé de relation significative entre FCR et complications cardiovasculaires et rénales, en l’absence d’antécédents cardiovasculaires à l’inclusion.

Les auteurs de cette étude prospective (cependant non menée en population générale, ne permettant pas la généralisation, et n’ayant pas pris en compte l’existence d’une neuropathie autonome) voient dans la mesure de la fréquence cardiaque de repos, un moyen simple d’identifier les diabétiques de type 2 ayant une maladie cardiovasculaire à risque accru de complications cardiovasculaires et rénales à long terme. Les résultats appellent confirmation, et l’impact des stratégies de réduction de la FCR sur le devenir cardiovasculaire et rénal des patients reste à déterminer.



Dr Julie Perrot


Miot A et coll. : Prognostic value of resting heart rate on cardiovascular and renal outcomes in type 2 diabetic patients. Diabetes Care 2012. Publication en ligne le 18 juillet 2012. (doi: 10.2337/dc11-2468).



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