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Quelle incidence de l’angiœdème secondaire aux inhibiteurs du système rénine-angiotensine ?

Publié le 16/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’angiœdème, un effet secondaire rare mais grave, peut apparaître  précocement, dès les premières heures suivant la prise d’un inhibiteurs du système rénine-angiotensine (SRA), voire des années plus tard. Bien que l’on ait incriminé l’accumulation de bradykinine, le  mécanisme précis de sa genèse n’est pas connu.

Parmi toutes les formes cliniques, 20 % des angiœdèmes mettent en jeu le pronostic vital du fait de leur localisation au niveau du larynx et des voies aériennes supérieures. En l’absence d’intubation, ils sont alors mortels dans 20 % des cas et l’on estime à 1 000, dans le monde, le nombre de décès annuels par angioedème secondaire à la prise d’un inhibiteur du SRA.

La méta-analyse de H. Makani et coll.  a tenté de quantifier l’incidence de cet événement  indésirable en fonction de la prise de différents inhibiteurs du système rénine-angiotensine.

 La méta-analyse a été réalisée à partir de la revue systématique de tous les essais cliniques prospectifs publiés entre 1980 et octobre 2011, ayant inclus plus de 100 patients suivis pendant plus de 8 semaines, et ayant évalué l’action des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), des antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) ou des inhibiteurs directs de la rénine (IDR).

La méta-analyse a ainsi porté sur un total de 47 essais cliniques regroupant un peu plus de 115 000 patients à savoir : 26 essais  (74 857 patients) menés sous IEC (suivi : 232 523 personnes/années) ; 19 essais (35 479 patients) menés sous ARA II (suivi : 122 293 personnes/années) ; 2 essais (5 141 patients) menés sous IDR (suivi : 1 735 personnes/années).

Dans une comparaison ‘’tête à tête’’ effectuée dans 7 essais, le risque d’angiœdème était 2,2 fois plus élevé sous IEC que sous ARA II (intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,5 à 3,3). En accord avec les données de la littérature, le risque d’angiœdème sous IEC était 2 fois plus fréquent chez les afro-américains que chez les patients ayant la peau blanche.

Sous IEC et ARA II, l’incidence de l’angiœdème était significativement plus importante dans les essais portant sur l’insuffisance cardiaque, que dans ceux portant sur l’hypertension artérielle ou la maladie coronaire, mais sans insuffisance cardiaque (p < 0,0001).

L’incidence pondérée de l’angiœdème était de 0,30 % sous IEC (IC95 de 0,28 à 0,32) ;  0,11 % sous ARA II  (IC95 de 0,09 à 0,13) ;  0,13 % sous IDR  (IC95 de 0,08 à 0,19) ; et  0,07 % sous placebo (IC95 de 0,05 à 0,09).

En conclusion, sous ARA II et IDR, l’incidence de l’angiœdème s’est avérée être moitié moindre de celle observée sous IEC et n’était pas significativement différente de celle notée sous placebo. Sous IEC et ARA II, son incidence était significativement plus élevée en présence qu’en l’absence d’insuffisance cardiaque.



Dr Robert Haïat


Makani H et coll. : Meta-analysis of randomized trials of angioedema as an adverse event of renin–angiotensin system inhibitors. Am J Cardiol 2012 ; 110 : 383–391.



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