Le traitement des cancers de l’œsophage (KO) localement avancés
(T2.T3-N>1) comporte classiquement une radio-chimiothérapie
néoadjuvante suivie d’une résection chirurgicale.
Un bilan préopératoire est souvent réalisé pour évaluer la réponse
au traitement, apprécier l’évolution locale et rechercher
d’éventuelles métastases.
Dans ce bilan, quelle est la place de l’échoendoscopie (EES)
?
Bien que fréquemment utilisée, le bien-fondé de son utilité n’est
pas évident. Un papier récent essaie d’apporter une réponse.
Entre Janvier 1988 et Juillet 2010, 73 patients (64 hommes et 9
femmes) de 62 ans d’âge moyen ont été pris en charge pour un KO
localement avancé (chimiothérapie et 45-50 grays de radiothérapie).
Le bilan préopératoire comportait, entre autres, une EES.
Trois patients sur 4 ont eu une intervention de Lewis-Santi
(oesophagectomie subtotale et plastie gastrique par laparotomie et
thoracotomie droite). Les adénocarcinomes étaient largement
majoritaires (90 % des tumeurs).
Les résultats montrent qu’il y a une très mauvaise corrélation
entre les données de EES et le stade tumoral pathologique définitif
(pT). La concordance n’a été correcte que dans 36 % des cas, elle a
surévalué le pT dans 46 % des cas et l’a sous-évalué dans 17 %. Par
ailleurs, 19 patients avaient une réponse complète au traitement
d’induction, sans aucun résidu tumoral sur la pièce de résection,
alors que l’EES n’en avait identifié que 2.
Par ailleurs, les corrélations entre les données de l’EES et le
statut ganglionnaire définitif (pN) sur la pièce de résection,
n’ont été correctes que dans 62 % des cas. Globalement, la
correspondance entre les deux éléments reste faible (k =
0,2360).
De plus, sept envahissements ganglionnaires coeliaques n’ont pas
été repérés.
Que conclure ?
Pour les KO localement évolués, le bilan de réévaluation après
le traitement d’induction et avant la chirurgie, ne doit pas
comporter d’EES. Elle n’est pas suffisamment discriminante pour
emporter une décision thérapeutique compte tenu des risques de la
chirurgie l’œsophage (mortalité estimée entre 5 et 15 % des cas).
L’endoscopie, un scanner et un Pet-scan suffisent.
Dr Roland Charpentier
Griffin JM et coll. : Utility of restaging endoscopy ultrasound after neoadjuvant therapy for esophageal cancer. Ann Thorac Surg 2012 ; 93 : 1855-60.
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