> Accueil JIM > De l’inutilité d’un bilan échoendoscopique après traitement néo-adjuvant et avant chirurgie dans le cancer de l’œsophage

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

De l’inutilité d’un bilan échoendoscopique après traitement néo-adjuvant et avant chirurgie dans le cancer de l’œsophage

Publié le 16/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le traitement des cancers de l’œsophage (KO) localement avancés (T2.T3-N>1) comporte classiquement une radio-chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une résection chirurgicale.
Un bilan préopératoire est souvent réalisé pour évaluer la réponse au traitement, apprécier l’évolution locale et rechercher d’éventuelles métastases.
Dans ce bilan, quelle est la place de l’échoendoscopie (EES) ?
Bien que fréquemment utilisée, le bien-fondé de son utilité n’est pas évident. Un papier récent essaie d’apporter une réponse.

Entre Janvier 1988 et Juillet 2010, 73 patients (64 hommes et 9 femmes) de 62 ans d’âge moyen ont été pris en charge pour un KO localement avancé (chimiothérapie et 45-50 grays de radiothérapie). Le bilan préopératoire comportait, entre autres, une EES.
Trois patients sur 4 ont eu une intervention de Lewis-Santi (oesophagectomie subtotale et plastie gastrique par laparotomie et thoracotomie droite). Les adénocarcinomes étaient largement majoritaires (90 % des tumeurs).

Les résultats montrent qu’il y a une très mauvaise corrélation entre les données de EES et le stade tumoral pathologique définitif (pT). La concordance n’a été correcte que dans 36 % des cas, elle a surévalué le pT dans 46 % des cas et l’a sous-évalué dans 17 %. Par ailleurs, 19 patients avaient une réponse complète au traitement d’induction, sans aucun résidu tumoral sur la pièce de résection, alors que l’EES n’en avait identifié que 2.

Par ailleurs, les corrélations entre les données de l’EES et le statut ganglionnaire définitif (pN) sur la pièce de résection, n’ont été correctes que dans 62 % des cas. Globalement, la correspondance entre les deux éléments reste faible (k = 0,2360).
De plus, sept envahissements ganglionnaires coeliaques n’ont pas été repérés.

Que conclure ?

Pour les KO localement évolués, le bilan de réévaluation après le traitement d’induction et avant la chirurgie, ne doit pas comporter d’EES. Elle n’est pas suffisamment discriminante pour emporter une décision thérapeutique compte tenu des risques de la chirurgie l’œsophage (mortalité estimée entre 5 et 15 % des cas). L’endoscopie, un scanner et un Pet-scan suffisent.



Dr Roland Charpentier


Griffin JM et coll. : Utility of restaging endoscopy ultrasound after neoadjuvant therapy for esophageal cancer. Ann Thorac Surg 2012 ; 93 : 1855-60.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions