Le Ficus pumila est un figuier rampant ou grimpant utilisé comme
plante d’intérieur ou d’extérieur dans les régions peu froides.
Le premier cas de phytophotodermatose à F. pumila vient d’être
rapporté. Il s’agit d’un patient de 54 ans qui possède un figuier
grimpant dans son jardin et dont la taille annuelle était jusque-là
assurée par sa femme avec un taille-haie électrique.
Cette fois, le patient s’était chargé de l’opération et avait
troqué le taille-haie contre une tronçonneuse thermique. Il portait
ce jour-là des protections adaptées (yeux, oreilles, gants, bottes
de sécurité, pantalon long et T-shirt). L’indice UV était alors de
6-7.
Trois jours plus tard, il commençait à se plaindre d’une
éruption prurigineuse sur les avant-bras et le front évoluant
progressivement vers des lésions purpuriques puis vésiculeuses.
L’éruption s’est amendée en 6 à 7 jours après un traitement
corticoïde local.
Six semaines plus tard, des lésions d’hypomélanose ont
transitoirement été constatées sur les zones concernées.
Les photopatch-tests réalisés à l’aide d’un morceau de feuille
de F. pumila étaient douteux à J-2 puis positifs (++) à J-4.
Le patch-test classique (sans UV) était douteux à J-2 et négatif à
J-4.
Les photopatch-tests effectués avec des feuilles de Ficus carica
(figuier) et Ficus benjamina étaient négatifs tout comme les
photopatch-tests réalisés chez 5 personnes témoins.
Des irritations oculaires provoquées par le figuier grimpant ont
été signalées dès les années 1920.
Plus récemment, un cas d’éruption urticarienne a été publié au
Danemark et des cas de dermatite de contact en Australie.
Il s’agit ici du premier cas de photodermatose provoquée par un
contact avec F. pumila.
Ses feuilles contiennent une furocoumarine qui est probablement en
cause.
Classiquement, si la réaction photoallergique aux furocoumarines
est possible, la phototoxicité est plus fréquente.
Deux types de réaction toxiques sont possibles, l’une est
dépendante de l’oxygène et l’autre non. Elles conduisent à la mort
cellulaire.
Dans le cas de ce patient, l’utilisation de la tronçonneuse est
probablement un facteur favorisant. La lente progression de la
dermatite, le prurit et l’hypomélanose post-inflammatoire sont ici
plutôt en faveur d’une réaction photoallergique.
Dr Geneviève Démonet
Rademaker M et coll. : Phytophotodermatitis caused by Ficus pumila. Contact Dermatitis 2012 ; 67 (1) 53-56.
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