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Photodermatose à la tronçonneuse…

Publié le 17/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le Ficus pumila est un figuier rampant ou grimpant utilisé comme plante d’intérieur ou d’extérieur dans les régions peu froides.

Le premier cas de phytophotodermatose à F. pumila vient d’être rapporté. Il s’agit d’un patient de 54 ans qui possède un figuier grimpant dans son jardin et dont la taille annuelle était jusque-là assurée par sa femme avec un taille-haie électrique.
Cette fois, le patient s’était chargé de l’opération et avait troqué le taille-haie contre une tronçonneuse thermique. Il portait ce jour-là des protections adaptées (yeux, oreilles, gants, bottes de sécurité, pantalon long et T-shirt). L’indice UV était alors de 6-7.

Trois jours plus tard, il commençait à se plaindre d’une éruption prurigineuse sur les avant-bras et le front évoluant progressivement vers des lésions purpuriques puis vésiculeuses. L’éruption s’est amendée en 6 à 7 jours après un traitement corticoïde local.

Six semaines plus tard, des lésions d’hypomélanose ont transitoirement été constatées sur les zones concernées.

Les photopatch-tests réalisés à l’aide d’un morceau de feuille de F. pumila étaient douteux à J-2 puis positifs (++) à J-4.
Le patch-test classique (sans UV) était douteux à J-2 et négatif à J-4.
Les photopatch-tests effectués avec des feuilles de Ficus carica (figuier) et Ficus benjamina étaient négatifs tout comme les photopatch-tests réalisés chez 5 personnes témoins.

Des irritations oculaires provoquées par le figuier grimpant ont été signalées dès les années 1920.
Plus récemment, un cas d’éruption urticarienne a été publié au Danemark et des cas de dermatite de contact en Australie.

Il s’agit ici du premier cas de photodermatose provoquée par un contact avec F. pumila.
Ses feuilles contiennent une furocoumarine qui est probablement en cause.

Classiquement, si la réaction photoallergique aux furocoumarines est possible, la phototoxicité est plus fréquente.
Deux types de réaction toxiques sont possibles, l’une est dépendante de l’oxygène et l’autre non. Elles conduisent à la mort cellulaire.

Dans le cas de ce patient, l’utilisation de la tronçonneuse est probablement un facteur favorisant. La lente progression de la dermatite, le prurit et l’hypomélanose post-inflammatoire sont ici plutôt en faveur d’une réaction photoallergique.



Dr Geneviève Démonet


Rademaker M et coll. : Phytophotodermatitis caused by Ficus pumila. Contact Dermatitis 2012 ; 67 (1) 53-56.



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