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Chirurgie bariatrique : quel impact sur le risque fracturaire ?

Publié le 17/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La chirurgie bariatrique a prouvé son efficacité pour la perte de poids des personnes présentant une obésité morbide, améliorant aussi les comorbidités. L’une des contreparties de cette chirurgie est toutefois son impact sur le remodelage osseux, comme l’ont montré les dosages des marqueurs de la résorption osseuse et de la densité minérale osseuse chez les patients ayant subi ce type d’intervention. Aucune étude ne s’était pourtant penchée jusqu’à présent sur les conséquences de ces effets osseux en terme de risque fracturaire.
 
Une équipe du Royaume Uni s’est intéressée à la question et a réalisé une étude rétrospective de cohorte, incluant 2 079 patients dont l’IMC (Indice de Masse Corporelle) était supérieur à 30 et qui avaient subi une intervention de chirurgie bariatrique. Ils étaient comparés à 10 442 patients, obèses eux aussi, mais n’ayant pas subi d’intervention.
 
Pendant le suivi, de 2,2 ans en moyenne, il n’apparaît aucune augmentation du risque de fracture, ostéoporotique ou non, chez les patients opérés, comparés aux non opérés (8,8 vs 8,2 pour 1000 patients-années, soit un RR [risque relatif] ajusté de 0,89 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,60 à 1,33). Notons toutefois une tendance à une augmentation du risque dans les 3 à 5 ans suivant la chirurgie, mais les valeurs constatées ne sont pas statistiquement significatives. Comme n’est pas non plus significative la tendance à une augmentation du risque chez les personnes ayant les plus grandes pertes de poids.
 
Ce constat est plutôt rassurant, mais ne permet pas d’exclure un effet sur le risque fracturaire à plus long terme, et la vigilance paraît devoir être maintenue au long cours. Les deux types de procédures chirurgicales sont en cause.
Les procédures dites restrictives (anneau gastrique, gastroplastie longitudinale) s’accompagnent d’une augmentation de la résorption osseuse (comme d’ailleurs toutes les autres formes de pertes de poids), par la diminution des taux d’oestrogènes circulants et la baisse de la leptine.
Quant aux procédures chirurgicales visant une malabsorption intestinale (by pass, dérivation bilio-pancréatique), leur impact sur le remodelage osseux se fait par la malabsorption du calcium et de la vitamine D et l’hyperparathyroïdie secondaire.

Dr Roseline Péluchon


Lalmohamed A et coll. : Risk of fracture after bariatric surgery in the United Kingdom : population based, retrospective cohort study.
BMJ 2012 ; 345 : e5085.



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