> Accueil JIM > Les troponines cardiaques s’élèvent chez les jeunes marathoniens

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Les troponines cardiaques s’élèvent chez les jeunes marathoniens

Publié le 19/08/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il a été démontré que, d’une façon générale, un exercice intense pouvait s’accompagner d’une élévation des troponines cardiaques (Tn) I ou C. Il en est ainsi au cours du marathon, comme l’a montré la méta-analyse de Regwan (1) portant sur des sujets adultes.

Les données intéressant les marathoniens jeunes sont beaucoup plus rares et hétérogènes, limitées habituellement aux seuls sujets de sexe masculin étudiés sur des distances n’excédant pas 21 km.
L’étude de Traiperm et coll. est la première à avoir porté sur 40 adolescents marathoniens des 2 sexes (20 hommes, 20 femmes) âgés de 13 à 17 ans (âge moyen pour les hommes de 16,7 +/-0,5 et pour les femmes de 14,7 +/- 1,3 ans) dont 37 ont parcouru l’intégralité des 42,2 km réglementaire de l’épreuve en un temps moyen de 4 heures 53 minutes.

Les taux de TnC et de TnI  ont été mesurés avant, immédiatement après, et 24 heures après l’épreuve.
-Immédiatement après la course, les taux de TnC et/ou TnI étaient > à la limite supérieure (respectivement à 0,01 et 0,1 ng/ml) chez 30 des 37 participants. Chez 3 d’entre eux, les taux des troponines étaient encore plus élevés (> 0,1  et > 0,5 ng/ml, respectivement pour la TnC et la TnI) atteignant alors les taux de référence de l’infarctus aigu du myocarde. L’élévation moyenne du taux des troponines était semblable dans les 2 sexes.

-Vingt-quatre heures après la course, tous les taux des troponines étaient revenus à la normale.
En conclusion, cette étude est la première à montrer que chez les marathoniens adolescents, les taux des troponines cardiaques s’élèvent pendant la course de façon similaire dans les 2 sexes, rejoignant en cela les constatations faites chez les marathoniens adultes. La normalisation rapide des taux des troponines après la course semble bien indiquer que cette élévation traduit davantage une réponse physiologique que pathologique ; elle serait plus liée à la simple fuite transmembranaire du composant cytosolique de la troponine cardiaque sans nécrose myocardique qu’à une véritable rupture de la protéine contractile.

D’ailleurs, des données récentes basées sur la résonance magnétique nucléaire (2) ont montré que l’élévation du taux des troponines cardiaques n’était pas la conséquence d’une altération myocardique.
Cependant, tout n’est malheureusement pas si simple, et on ne saurait oublier que dans une étude plus ancienne des élévations significatives des taux de troponine ont pu s’accompagner, chez des athlètes de triathlon, de signes échocardiographiques de dysfonction ventriculaire gauche. 

Il est ainsi probable que d’autres études seront nécessaires pour élucider le mécanisme exact de l’élévation des taux de troponine chez les jeunes marathoniens et pour évaluer surtout leur signification sur le long terme.



Dr Robert Haïat


Traiperm N et coll. Cardiac Troponins in Young Marathon Runners. Am J Cardiol 2012 ; 110 : 594 –598.
(1)Regwan, J Interv Cardiol 2010 ; 23 : 443–450.
(2)Trigard, J Appl Physiol 2010 ; 108 : 1148 –1153.
(3)Rifai, Am J Cardiol 1999 ; 83 : 1085–1089.



IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions

Une précision sur le dosage des troponines

Le 20 août 2012

Juste un commentaire sur les appélations et les isoformes dosables de troponine. en fait le "c" Tnc signifie qu'il s'agit d'une isoforme cardiaque de troponine.
Sont dosables aujourd'hui 2 isoformes de Tnc (on parle donc bien de dosages cardiospécifiques): la TnTc et la TnIc. Aucun dosage de troponine musculaire n'est disponible en routine (aucun interet clinique). Seules les troponines cardiaques le sont, ce qui explique que l'on parle le plus souvent de TnT ou de TnI en supprimant le "c", sous entendu que cette isoforme "T" ou "I" est forcemcement celle issue du coeur et différente de celles des muscles périphériques (les épitopes de reconnaissance sont séléctionné pour être spécifique des isoformes cardiaques).
Il est important de préciser que la normalité du taux de troponine se définie maintenant d'après le 99e percentile d'une population de référence, et que ce 99e percentile est différent pour tous les dosages (isoforme I ou T) et que pour la I, les dosages ne sont pas standardisés : ces valeurs de références sont différentes d'un fournisseur à l'autre. Il est préférable de parler en multiple du 99e percentile pour "standardiser" un peu les choses, ou alors de préciser de quel type de trousse (fournisseur / analyseur) il s'agit et son seuil.
En conclusion, je pense que quand il est fait mlention de TnC en comparaison à la TnI, il s'agit en fait de TnTc, versus TnIc, mais il faudrait préciser quelle TnI et quels sont les 99e percentiles (valeurs de référence) de ces méthodes, qui de plus évoluent vers des dosages Hypersensibles.
Merci pour cet article très interessant.

Nicolas Zeitoun

Réagir à cet article