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Exacerbation prémenstruelle des troubles pour 20 à 30 % des malades schizophrénes

Publié le 20/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

En croisant sur PubMed les mots-clefs « schizophrénie », « psychose », « exacerbation menstruelle » et « hormones », le Dr Mary V. Seeman (une psychiatre canadienne exerçant à l’Université de Toronto) a consacré une recherche dans la littérature médicale au thème de l’aggravation récurrente de la symptomatologie chez la femme schizophrène en âge de procréer.

Cette exacerbation des troubles psychotiques en période prémenstruelle concerne une « importante minorité » (environ 20 à 30 %) des femmes schizophrènes et il est important pour le psychiatre de faire préciser par la patiente quels types de troubles se trouvent surtout affectés par cette majoration cyclique, car cela peut orienter la conduite thérapeutique : privilégier les anxiolytiques ou les antidépresseurs, augmenter périodiquement la posologie des neuroleptiques, introduire un modulateur sélectif des récepteurs aux œstrogènes, un inhibiteur de l’ovulation…

Il faut aussi différencier une réelle majoration (vraisemblablement hormono-dépendante) des troubles psychotiques chez une femme non ménopausée d’une « relativement rare » psychose « périodique » ou « menstruelle. » La controverse persiste d’ailleurs pour savoir si « les périodes du mois où les taux d’œstrogènes sont plus faibles » sont associées effectivement à une aggravation des symptômes de schizophrénie, ou s’il faut attribuer plutôt ce phénomène à une superposition clinique de la psychose et d’un éventuel « trouble dysphorique prémenstruel » où certains voient au contraire un exemple de « disease mongering. » Qualifiée aussi de « stratégie de Knock », cette démarche permettrait à un corps médical cupide de « façonner » à sa guise de nouvelles « maladies », pour assurer à son profit l’extension fructueuse du « Triomphe de la médecine », comme dit Jules Romains.

En l’absence d’études formelles pour trancher la question de ce « trouble dysphorique prémenstruel », l’auteur conseille aux médecins de déterminer « au cas par cas » la meilleure option thérapeutique : cibler préférentiellement la dysthymie caractérisant ledit « trouble dysphorique prémenstruel », augmenter les neuroleptiques en période prémenstruelle, tenter une hormonothérapie (œstrogènes ou combinaison œstro-progestative) associée aux neuroleptiques…



Dr Alain Cohen


Seeman MV : Menstrual exacerbation of schizophrenia symptoms. Acta Psychiatrica Scandinavica 2012 ; 125 : 363–371.


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