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Nouvelles recommandations américaines pour le traitement d’attaque des spasmes en flexion

Publié le 20/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’hormone adrénocorticotrope [ACTH] et un antiépileptique, le vigabatrin [VGB], sont efficaces pour traiter les spasmes en flexion du nourrisson. Aux USA, où l’ACTH était le médicament de référence (recommandations 2004), l’autorisation d’utilisation du VGB en 2009 a été le déclencheur d’une révision du traitement d’attaque des spasmes en flexion.

L’American Academy of Neurology [AAN] et la Child Neurology Society [CNS] ont évalué tous les médicaments proposés dans cette indication en se fondant sur des essais thérapeutiques déjà analysés en 2004, et des essais publiés depuis cette date.

Elles formulent cinq recommandations thérapeutiques :

1. L’ACTH est le seul traitement corticostéroïdien dont l’efficacité est prouvée. Il est moins sûr d’utiliser la prednisolone, la méthylprednisolone ou la dexaméthasone à la place de l’ACTH naturelle ou synthétique.
2. De faibles doses d’ACTH constituent une alternative valable à de fortes doses. Par faibles doses on entend des doses d’ACTH naturelle de l’ordre de 20 à 30 UI/jour.
3. On peut utiliser le VGB et l’ACTH dans le traitement d’attaque, mais l’ACTH semble préférable. Dans l’essai UKISS qui compare le VGB à l’ACTH ou la prednisolone à fortes doses chez 107 patients, les deux bras thérapeutiques ont des taux d’épilepsie et des scores de comportement adaptatif similaires à 14 mois et à 4 ans, mais avec l’ACTH l’absence de spasmes est plus fréquente après 2 semaines de traitement et les scores de comportement adaptatif sont supérieurs dans les formes cryptogénétiques à l’âge de 4 ans.
4. On manque de preuves en faveur du régime cétogène, d’antiépileptiques autres que le VGB, etc. Rappelons que les spasmes en flexion peuvent être aggravés par certains anti-épileptiques.
5. Plus court est le délai entre le début des spasmes et le traitement, meilleur est le développement. Toutefois, il faut prendre le temps de documenter le diagnostic de spasmes en flexion avec un encéphalogramme avec vidéo avant d’instaurer un traitement par VGB ou ACTH.

L’AAN et la CNS reconnaissent du bout des lèvres que le VGB, par voie orale, est à peu près aussi efficace que l’ACTH, par voie IM, surtout dans les spasmes en flexion symptomatiques (dont la sclérose tubéreuse de Bourneville). Cependant, elles hésitent à passer de l’ACTH au VGB. Comme souvent dans les maladies rares, les essais thérapeutiques de bonne qualité sont peu nombreux. Le VGB a des effets indésirables visuels (rétrécissement concentrique du champ visuel), qui semblent dépendre de la dose cumulée ; il y aurait donc intérêt à préciser sa durée d’administration optimum et à réduire sa toxicité rétinienne.

Il est également possible que la combinaison du VGB avec une hormonothérapie (ACTH ou prednisolone) donne de meilleurs résultats à court et à long terme que l’hormonothérapie seule. Un essai en cours, l’essai ICISS, teste cette hypothèse.



Dr Jean-Marc Retbi


Go CY et coll. : Evidence-based guideline update : medical treatment of infantile spasms. Neurology 2012 ; 78 : 1974-1980



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