L'effet bénéfique des amandes sur le taux des lipides
plasmatiques est à peu près établi. Toutefois, l'importance de cet
effet varie selon les études. En outre les conséquences sur le
poids, de la consommation quotidienne d'amandes "à dose
hypocholestérolémiante" ne sont pas connues à long terme. Un essai
clinique a comparé l'impact d'un régime modérément hypocalorique à
celui du même régime auquel est ajouté 56 g d'amandes/jour (environ
48 amandes/j).
Les volontaires, tous obèses ou en surpoids (IMC moyen : 34),
étaient essentiellement des femmes (90 % des sujets) qui ne
présentaient pas de facteurs de risque cardiovasculaires marqués
(absence de dyslipidémie justifiant un traitement médicamenteux,
absence de diabète sucré et d'hypertension non contrôlée). Tous le
sujets recevaient des consignes pour suivre un régime modérément
hypocalorique (1 500-1 800 kcal pour les hommes, 1 200-1 500 kcal
pour les femmes). Ils devaient assister à des réunions d'éducation
et d'aide comportementale, toutes les semaines pendant vingt
semaines puis toutes les six semaines jusqu'à la fin des 18 mois de
suivi. Ils étaient randomisés pour appartenir au "groupe amande"
(n=61 ; deux paquets de 28 g d'amandes à consommer quotidiennement)
ou au groupe témoin (n=62; recommandation de ne pas consommer
d'amandes). Parmi les 123 sujets inclus, 23 % ont abandonné l'étude
dans le "groupe amande" contre 27 % chez les témoins (différence
non significative). La participation aux séances d'éducation était
satisfaisante et voisine dans les deux groupes.
L'hypothèse formulée par les auteurs ne s'est pas confirmée : la
perte de poids n'a pas été supérieure chez les consommateurs
d'amandes par rapport aux témoins. Au bout de six mois, ces
derniers ont même perdu, en moyenne, deux kilogrammes de plus que
les volontaires du "groupe amande" (-7,4 kg vs -5,5 kg
respectivement). En revanche, la différence de perte de poids
n'était plus statistiquement significative à 18 mois (-3,7 kg dans
le "groupe amande" vs -5,9 kg dans le groupe témoin). Cependant,
malgré une moindre perte de poids dans le "groupe amande",
l'amélioration du bilan lipidique évaluée par les taux plasmatiques
de cholestérol total et de triglycérides et sur le rapport
cholestérol total/HDL-Cholestérol était significativement plus
marquée dans ce groupe à six mois.
On remarque dans cette étude, l'absence de réduction du
LDL-Cholestérol associée à la consommation d'amandes. Pour
l'expliquer, les auteurs avancent plusieurs hypothèses liées aux
caractéristiques de la population recrutée. Celle-ci est
caractérisée par un excès pondéral dont on sait qu'il limite
l'effet hypocholestérolémiant des noix et autres amandes. En outre,
les sujets avaient des taux optimaux de LDL-cholestérol et il est
possible que l'effet des amandes sur ce paramètre soit faible dans
cette situation.
Sur le plan pratique, cette étude montre qu'il est possible de
perdre du poids même si l'on consomme quotidiennement une quantité
relativement importante d'amandes. En outre, même si elle ne
confirme pas l'intérêt de la prescription d'amandes pour augmenter
la perte pondérale dans le cadre d'un régime modérément
hypocalorique, elle retrouve l'impact bénéfique d'une telle
prescription sur les lipides plasmatiques.
Dr Boris Hansel
Foster GD et coll. : A randomized trial of the effects of an almond-enriched, hypocaloric diet in the treatment of obesity. Am J Clin Nutr., 2012; 96: 249-54.
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Logique
Le 21 août 2012
Il parait logique qu'introduire un aliment fortement calorique soit défavorable sur la réduction de poids.
Olivier Borrione
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