Il est assez bien étayé que les patients atteints de psoriasis
ont un risque cardiovasculaire augmenté.
L’idée à la base de ce travail californien était de chercher à
savoir si le psoriasis, indépendamment des facteurs de risque
cardiovasculaire habituels, est associé à un risque majoré de
lésions coronaires à l’angiographie.
Les lésions coronaires prises ici en considération étaient les
sténoses évaluées visuellement à 50 %, ou plus, pour un tronc
commun ou à au moins 70 % pour un autre territoire.
Pour ce faire, les auteurs se sont intéressés de manière
rétrospective à quelque 10 000 dossiers de patients ayant bénéficié
d’une coronarographie entre 2004 et 2009 (n : 9 473). De ce groupe
ont été isolés 204 patients connus pour avoir un psoriasis (2,2
%).
De l’ensemble des habituels facteurs de risque, seul l’indice de
masse corporelle a semblé être plus élevé chez les patients
atteints de psoriasis (31,3 +/- 8,1 versus 29,3 +/- 7,1 kg/m2 ; p
< 0,001).
Il ressort qu’une atteinte coronarienne significative était plus
fréquente chez les patients ayant un psoriasis (84,3 % versus 75,7
% chez les témoins ; p : 0,005).
Après ajustement sur les facteurs de risque, le psoriasis est
apparu être un marqueur de risque indépendant de lésions
significatives à la coronarographie avec une incidence augmentée de
80 % par rapport aux témoins (odds ratio [OR] : 1,8 ; intervalle de
confiance à 95 % [IC] : 1,2-2,8 ; p : 0,006).
En cas de psoriasis, son antériorité supérieure à 8 ans
était également un marqueur de risque indépendant (OR : 3,5 ; IC :
1,3-9,.6 ; p : 0,02).
Bien évidemment, rappelons que ce type de résultat ne démontre
en rien un éventuel lien de causalité entre psoriasis et atteinte
coronaire.
Dr Olivier Meillard
Armstrong AW et coll. : Coronary artery disease in patients with psoriasis referred for coronary angiography. Am J Cardiol., 2012; 109: 976-80
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Biais possible
Le 21 août 2012
Il aurait été intéressant de distinguer les femmes et les hommes.Ceux-ci sont souvent alcooliques et en surcharge pondérale.Ceci entraine des perturbations métaboliques qui aggravent le risque coronarien.Il y a donc peut-ëtre un biais de recrutement dans cette étude.
Dr Phillipe Peu-Duvallon
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