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Le poids des pathologies rachidiennes

Publié le 21/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

On estime que 40 à 70 % des sujets de la population vont souffrir de lombalgies au cours de leur vie, entrainant probablement une consommation médicale notable, et un retentissement socio-professionnel très variable. La consommation de soins médicaux est aussi très variablement appréciée suivant la méthodologie employée. Par exemple, la plupart des études sur la prévalence des lombalgies utilisent un questionnaire à un instant donné et n’évaluent donc pas la consommation médicale réelle, mais seulement celle déclarée par le patient.

Les auteurs de cet article ont analysé un registre suédois de 1,2 millions de sujets, soit un huitième de la population suédoise totale. Ce registre comporte le codage systématique des pathologies pour toutes les consultations médicales. Ainsi, tous les diagnostics de lombalgies avec ou sans radiculalgie ou de dorsalgies, posés en 2009 ont pu être examinés.

En 2009, il y a eu 2,3 millions de consultations au total, concernant 571 000 sujets ; 332 000 (15,1 %) consultations étaient liées à un problème rhumatologique, pour 145 000 sujets (25,5 %) d’âges très divers (55,3 ± 18,3 ans). Au total 44 000 de ces consultations rhumatologiques (13,2 %) avaient été motivées par une histoire rachidienne, chez 25 000 patients (17,1 %).

La prévalence de consultation annuelle pour problème rachidien a été calculée à 3,8 % (4,3 % chez les femmes et 3,3 % chez les hommes). Cette prévalence augmente avec l’âge des sujets. La prévalence de première consultation est quant à elle de 238/10 000 (238 chez les femmes, 209 chez les hommes).

Le fait de souffrir d’un problème rachidien entraîne un nombre de consultations médicales plus important (Odds Ratio [OR] chez les femmes : 1,74 ; Intervalle de confiance à 95 % : [IC 95 %] :1,73-1,75), OR chez les hommes : 1,81 (IC 95 % : 1,80-1,82)). Cependant, cette surconsommation diminue avec l’âge des sujets.

Les diagnostics médicaux les plus souvent associés à la symptomatologie rachidienne, sont l’anxio-dépression, mais aussi les infections respiratoires, la broncho-pneumopathie chronique obstructive, et les syndromes abdomino-pelviens.

Au total, cette étude impressionne par le volume des consultations et du nombre de sujets pris en compte. On peut retenir qu’un patient sur six consultant pour un problème rhumatologique souffre de symptômes rachidiens, ce qui entraine presque deux fois plus de consultations que dans la population générale. Cette prévalence paraît plus basse par rapport à celle notée dans les études précédentes, ce qui signifie probablement que de nombreux sujets déclarant des rachialgies quand ils sont soumis à un questionnaire, ne consultent finalement pas.



Dr Laurent Laloux


Jöud A et coll. : Low back pain : epidemiology of consultations. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1084-1088


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