On estime que 40 à 70 % des sujets de la population vont
souffrir de lombalgies au cours de leur vie, entrainant
probablement une consommation médicale notable, et un
retentissement socio-professionnel très variable. La consommation
de soins médicaux est aussi très variablement appréciée suivant la
méthodologie employée. Par exemple, la plupart des études sur la
prévalence des lombalgies utilisent un questionnaire à un instant
donné et n’évaluent donc pas la consommation médicale réelle, mais
seulement celle déclarée par le patient.
Les auteurs de cet article ont analysé un registre suédois de
1,2 millions de sujets, soit un huitième de la population suédoise
totale. Ce registre comporte le codage systématique des pathologies
pour toutes les consultations médicales. Ainsi, tous les
diagnostics de lombalgies avec ou sans radiculalgie ou de
dorsalgies, posés en 2009 ont pu être examinés.
En 2009, il y a eu 2,3 millions de consultations au total,
concernant 571 000 sujets ; 332 000 (15,1 %) consultations étaient
liées à un problème rhumatologique, pour 145 000 sujets (25,5 %)
d’âges très divers (55,3 ± 18,3 ans). Au total 44 000 de ces
consultations rhumatologiques (13,2 %) avaient été motivées par une
histoire rachidienne, chez 25 000 patients (17,1 %).
La prévalence de consultation annuelle pour problème rachidien a
été calculée à 3,8 % (4,3 % chez les femmes et 3,3 % chez les
hommes). Cette prévalence augmente avec l’âge des sujets. La
prévalence de première consultation est quant à elle de 238/10 000
(238 chez les femmes, 209 chez les hommes).
Le fait de souffrir d’un problème rachidien entraîne un nombre
de consultations médicales plus important (Odds Ratio [OR] chez les
femmes : 1,74 ; Intervalle de confiance à 95 % : [IC 95 %]
:1,73-1,75), OR chez les hommes : 1,81 (IC 95 % : 1,80-1,82)).
Cependant, cette surconsommation diminue avec l’âge des sujets.
Les diagnostics médicaux les plus souvent associés à la
symptomatologie rachidienne, sont l’anxio-dépression, mais aussi
les infections respiratoires, la broncho-pneumopathie chronique
obstructive, et les syndromes abdomino-pelviens.
Au total, cette étude impressionne par le volume des
consultations et du nombre de sujets pris en compte. On peut
retenir qu’un patient sur six consultant pour un problème
rhumatologique souffre de symptômes rachidiens, ce qui entraine
presque deux fois plus de consultations que dans la population
générale. Cette prévalence paraît plus basse par rapport à celle
notée dans les études précédentes, ce qui signifie probablement que
de nombreux sujets déclarant des rachialgies quand ils sont soumis
à un questionnaire, ne consultent finalement pas.
Dr Laurent Laloux
Jöud A et coll. : Low back pain : epidemiology of consultations. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1084-1088
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