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Risque accru de hernie inguinale chez l’enfant porteur d’une dérivation ventriculopéritonéale

Publié le 22/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La dérivation ventriculopéritonéale (DVP) par valve est le traitement le plus habituel de l’hydrocéphalie de l’enfant, le liquide céphalorachidien (LCR), qui menace d’atrophie cérébrale in situ, se résorbant alors dans la cavité péritonéale.

Outre les complications mécaniques (blocage de la valve) et infectieuses (péritonite) de la DVP, on a décrit des complications inguinales (hydrocèle, hernie, etc.), liées à une hyperpression due à l’accumulation de LCR dans la grande cavité, surtout si elle survient avant la fermeture du canal péritonéovaginal. Les auteurs  taïwanais ont entrepris la plus vaste étude réalisée sur l’incidence de la hernie inguinale (HI) opérée après DVP.

Ils ont utilisé les données du registre formosan qui couvre la quasi-totalité des maladies et traitements de l’île ; pour la période 1997 à 2009, ils ont donc eu accès aux dossiers de 4 821 979 enfants de moins de 5 ans, divisés en 4 groupes : G1 (< 1 mois), G2 (de 1 à 12 mois), G3 (de 1 à 2 ans), G4 (de 2 à 5 ans).

Tous les opérés de DVP ont été suivis jusqu’à la survenue de l’un des trois évènements suivants : décès, fin de l’étude (31/12/2009) ou cure d’une HI.

Sur la totalité des enfants, 1 602 ont été opérés pour DVP et, après exclusion de 34 déjà opérés de hernie auparavant, le groupe d’études se composait de 1 568 enfants, (902 garçons) suivis en moyenne pendant 5 ans et demi. Il y en avait 20 % dans le G1, 52 % dans le G2, 17 % dans le G3 et 11 % dans le G4.

Au total, 194 enfants ont été traités pour une cure de HI  durant le suivi : 64 du G1, 101 du G2, 25 du G3 et 4 du G4. Cette incidence est significativement supérieure à celle des HI dans la population générale, du moins chez les sujets des G1, G2 et G3, chez lesquels l’incidence est respectivement de 45, 21, et 18 pour 1 000 personnes-années, soit un risque multiplié par 10, 3 et 2 par rapport à la population générale. Cela ne se vérifie plus chez les G4 ; dans tous les cas, le risque est majoré chez les garçons. Ce sont les nouveau-nés masculins qui fournissent le plus important taux de HI après DVP : près de 35 % à 5 ans.

Le temps de latence moyen entre DVP et cure de HI a été de 14 mois.

Si l’on compare, parmi les 1 568 DVP, les caractéristiques des 194 patients ayant eu une HI avec celles des 1 374 enfants qui n’ont pas été traités pour cette indication, on constate que les facteurs de risque de HI sont le très jeune âge, le sexe masculin et la prématurité, et qu’à l’opposé la présence d’une maladie cérébrale, d’un traumatisme cérébral ou d’une tumeur cérébrale rend moins probable la survenue d’une HI.

Reste que le sexe masculin et le très jeune âge sont des facteurs prédictifs de hernie après dérivation ventriculopéritonéale.



Dr Jean-Fred Warlin


Wu J-C et coll. : Younger boys have a higher risk of inguinal hernia after ventriculo-peritoneal shunt: a 13-year nationwide cohort study. J Am Coll Surg., 2012; 214: 845-851.


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