Le diagnostic de spondylarthrite (Spa) précoce est souvent
difficile en clinique. Les signes radiologiques de sacro iliite ou
d’atteinte rachidienne peuvent mettre des années avant de se
manifester, voire ne jamais apparaître. Or l’IRM peut visualiser
une inflammation des articulations sacro iliaques (SI), même chez
les malades à radiographies normales. Récemment, l’IRM des SI a été
incluse dans les critères de classification des Spa axiales.
D’autres études ont également rapporté la présence d’une
inflammation rachidienne en IRM chez les malades avec une IRM des
SI normale. Il est dès lors difficile de savoir quel examen, entre
l’IRM des SI, du rachis lombaire ou, dorsal, a le meilleur
rendement diagnostique chez les malades atteints de rachialgies
inflammatoires récentes.
Pour guider le choix du site à explorer, il serait utile de
savoir si les anomalies IRM siègent plus volontiers dans les
endroits douloureux qu’ailleurs.
En partant de l’hypothèse que les lésions IRM sont davantage
susceptibles de se trouver au niveau des sites douloureux, l’équipe
française du Pr Claudepierre a mené une étude prospective.
Six cent quarante-huit malades issus de la cohorte DESIR
(devenir des spondylarthropathies indifférenciées récentes) ont été
évalués.
Le critère d’évaluation principal était la présence d’une
inflammation IRM à un ou plusieurs sites (rachis lombaire, dorsal,
SI).
Une IRM était qualifiée de positive pour l’inflammation au
rachis ou au niveau des SI quand il y avait un œdème douteux ou
certain sur une ou des vertèbres ou sur l’une ou les 2 SI
respectivement ; une IRM dite positive pour des lésions
structurelles au rachis ou au SI comportait des érosions (douteuses
ou certaines) et /ou une sclérose osseuse d’une ou plusieurs
vertèbres ou de l’une ou des 2 SI respectivement.
Soixante et un pour cent des malades avaient des dorsalgies,
91,6 % des lombalgies et 79,2 % des fessalgies.
Les radiographies des SI étaient anormales pour 173 patients
(26,7 %).
Une inflammation IRM était observée chez 19, 21 et 46 % des
participants au niveau dorsal, lombaire et des SI
respectivement.
En analyse multivariée, une douleur présente ou passée à un
endroit était significativement associée à une inflammation IRM à
ce même site (Odds ratio [OR] en cas de dorsalgies : 1,71 ;
Intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,09 à 2,67, p=0,02 ; OR
lombalgies 2,53 ; IC 95 % : 1,03 à 6,2, p=0,04 ; OR fessalgies :
2,86 ; IC 95 % : 1,84 à 4,46, p < 0,0001).
Des phénomènes douloureux n’étaient pas associés avec des
lésions structurelles au même endroit en régions dorsale ou
lombaire. Par contre l’existence de douleurs présentes ou passées
au niveau des SI était associée à des changements structurels en
IRM au même endroit (OR 1,89 ; IC 95 % : 1,22 à 2,9,
p=0,004).
Dans le sous groupe ou les radiographies des SI étaient normales
ou douteuses, les résultats étaient similaires.
Il s’agit de la première étude révélant que la douleur est
associée à une inflammation en IRM au même site chez les
malades atteints de Spa récente. D’autres études sont nécessaires
pour confirmer ou infirmer ces résultats essentiels.
Dr Juliette Lasoudris-Laloux
Blachier M et coll. : Does the site of magnetic resonance imaging abnormalities match the site of recent-onset inflammatory back pain? The DESIR cohort.
Ann Rheum Dis., 2012 : publication avancée en ligne le 14 août.
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Vos réactions |
La place de la scintigraphie
Le 23 août 2012
La scintigraphie osseuse est utilisée depuis plus de 20 ans en routine dans cette indication.
Elle permet:
- la diagnostic de l'inflammation articulaire avec une excellente sensibilité;
- la cartographie des localisations des atteintes inflammatoires sur un examen corps entier chez des patients polyalgiques;
- une réalisation chez tous les patients à l'exception de la femme enceinte qui représente la seule contre-indication.
Elle est peut-être moins à la mode que l'IRM...
Dr jean-Marie Ramackers
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