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Toux à la piscine : la théorie du chlore pend la tasse

Publié le 22/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La méthode de désinfection de l’eau des piscines la plus répandue est la chloration qui entraîne la formation de dérivés gazeux dont la trichloramine, principal suspect dans l’atteinte respiratoire du personnel et des nageurs.

En Suède parmi 146 employés (dont 88 femmes) de 46 complexes aquatiques couverts, 17 % ont rapporté des signes en rapport avec le travail : toux sèche ou productive, enrouement, obstruction nasale, irritation oculaire, rhinite, chloracné, eczéma, asthénie, céphalée. Il s’agissait de 5 techniciens et 20 surveillants. L’atteinte variait selon l’ancienneté : dans 31 % des cas les sujets concernés étaient en poste depuis moins de 3 ans, dans 6 % entre 4 et 7 ans, dans 22 % depuis plus de 7 ans (effet travailleur sain ?). Six piscines regroupaient 64 % des travailleurs symptomatiques (aucun cas dans 32 établissements).

La moyenne des niveaux de trichloramine dans l’air de 5 centres à forte prévalence d’irritation des voies aériennes supérieures (VAS) et de 4 indemnes a été mesurée à 0,2 mg/m3 (0,04 à 0,36), légèrement plus élevée dans les bassins de loisirs mais sans que cela soit statistiquement significatif. Seule une installation avait un résultat supérieur aux recommandations de l’OMS (0,36 contre 0,3) mais sans plainte du personnel. Le niveau n’était pas corrélé à la présence de signes respiratoires. La fraction expirée de NO (FENO) moyenne de 39 employés était de 15 ± 13 ppb, sans lien avec l’existence de symptômes. Trente-cinq d’entre avaient une FENO dans la tranche des sujets sains (5-25 ppb), sans corrélation avec la présence de signes ni le type d’installation.

Un lavage nasal a été pratiqué chez 5 travailleurs rapportant des symptômes, 4 indemnes et 4 sujets contrôle. Aucune différence significative n’est apparue pour les protéines totales, l’IL8 (seule cytokine détectable), SPLUNC1 et CC16 entre les employés symptomatiques ou pas, ou les exposés et les contrôles. En spectrométrie de masse, 3 protéines s’exprimaient différemment chez les exposés : l’alpha1 antitrypsine (surtout sous forme glycosylée, comme en cas de tabagisme ou de rhinite allergique) et la lactoferrine, augmentées, et S100-A8, abaissée. L’effet était plus marqué en cas d’irritation des VAS.

Une corrélation négative a été mise en évidence entre FENO et SPLUNC1, protéine de liaison d’endotoxine.

Aucun lien n’a donc été mis en évidence entre les niveaux de trichloramine, les signes fonctionnels, le FENO et les caractéristiques des bassins. La croissance microbienne et leurs endotoxines ont été suspectées à coté de la chloration. Le rôle biologique des marqueurs potentiels identifiés joint à l’absence d’augmentation de la chloramine plaident pour une participation des bactéries.



Dr Anne Bourdieu


Fornander L et coll. : Airway irritation among indoor swimming pool personnel: trichloramine exposure, exhaled NO and protein profiling of nasal lavage fluids. Int Arch Occup Environ Health, 2012 ; publication avancée en ligne le 23 juin.




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