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Sachons poser le dermatoscope sur le cuir chevelu de nos patients

Publié le 22/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les auteurs de cette mise au point ont repris les données de la littérature concernant les applications de la dermatoscopie au diagnostic des dermatoses du cuir chevelu.

Ils rappellent que l’ensemble des dermatoscopes disponibles peut être utilisé à cette fin. Des systèmes adaptables sur certains téléphones portables sont également très intéressants dans la mesure où ils permettent de transmettre rapidement les images afin de solliciter un avis diagnostique.

Le cuir chevelu normal se caractérise par un aspect dermatoscopique qui associe bien entendu la visualisation des cheveux et de l’émergence des follicules pileux. Il n’est pas exceptionnel d’observer plusieurs cheveux émanant d’un seul follicule pileux sur un cuir chevelu normal et on note couramment 2 cheveux au niveau d’1 seul follicule pileux dans la région temporale et même 3 cheveux issus d’un même follicule pileux au niveau occipital. La dermatoscopie permet également d’évaluer le diamètre des cheveux observés. Le cuir chevelu, situé entre les follicules pileux, est parcouru d’arborescences vasculaires et de boucles vasculaires régulières. On observe couramment des disques blancs au niveau du follicule pileux qui sont particulièrement nombreux chez les patients qui ont des phototypes foncés IV ou V.

Au cours des dermatoses inflammatoires, la dermatoscopie peut aider à différencier, devant un état pytiriasique du cuir chevelu, le psoriasis et la dermatite séborrhéique. En effet au cours du psoriasis, on observe fréquemment des images vasculaires avec un aspect de vaisseaux en glomérules, des boucles irrégulières (twisted  red loups) et des taches rouges. Au cours de la dermatite séborrhéique, les vaisseaux sont arborescents et on n’observe pas d’image glomérulaire.

Dans les infections pilaires comme les teignes, un aspect de cheveux en tire-bouchon est souvent observé en dermatoscopie. Il est inutile de rappeler que les lentes, au cours de la pediculose du cuir chevelu, sont  bien visibles au dermatoscope et que le principal diagnostic différentiel constitué par les gaines « coulissantes » pilaires ne pose pas de problème quand on peut visualiser la gaine pilaire à l’aide du dermatoscope. En effet, les gaines pilaires engainent, comme leur nom l’indique, la tige pilaire alors que la lente est appendue à la tige pilaire.
La contribution de la dermatoscopie au diagnostic d’alopécie androgénétique semble moins pertinente mais elle est incontestablement intéressante dans le cadre de la pelade où la présence de disques jaunes (yellow dots) est relativement caractéristique. Enfin, la visualisation des cheveux en point d’exclamation (assez caractéristiques de la pelade est aisée en dermatoscopie).

Rappelons également qu’au cours de la trichotillomanie, la visualisation de cheveux cassés courts et de longueurs différentes aide au diagnostic de cette alopécie provoquée.

D’autres applications sont décrites comme le diagnostic du lichen plan pilaire ou de l’alopécie fibrosante frontale où il n’est pas rare d’observer une hyperkératose péri-pilaire à l’émergence du cheveu.

La dermatoscopie est donc une aide précieuse au diagnostic, en particulier des alopécies acquises, et la transmission des images peut permettre une confirmation rapide de celui-ci.



Dr Patrice Plantin


Miteva M et coll. Hair and scalp dermatoscopy. J Am Acad Dermatol., 2012 ; publication avancée en ligne le 8 mars. DOI : 10.1016/j.jaad.2012.02.013



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