Les auteurs de cette mise au point ont repris les données de la
littérature concernant les applications de la dermatoscopie au
diagnostic des dermatoses du cuir chevelu.
Ils rappellent que l’ensemble des dermatoscopes disponibles peut
être utilisé à cette fin. Des systèmes adaptables sur certains
téléphones portables sont également très intéressants dans la
mesure où ils permettent de transmettre rapidement les images afin
de solliciter un avis diagnostique.
Le cuir chevelu normal se caractérise par un aspect
dermatoscopique qui associe bien entendu la visualisation des
cheveux et de l’émergence des follicules pileux. Il n’est pas
exceptionnel d’observer plusieurs cheveux émanant d’un seul
follicule pileux sur un cuir chevelu normal et on note couramment 2
cheveux au niveau d’1 seul follicule pileux dans la région
temporale et même 3 cheveux issus d’un même follicule pileux au
niveau occipital. La dermatoscopie permet également d’évaluer le
diamètre des cheveux observés. Le cuir chevelu, situé entre les
follicules pileux, est parcouru d’arborescences vasculaires et de
boucles vasculaires régulières. On observe couramment des disques
blancs au niveau du follicule pileux qui sont particulièrement
nombreux chez les patients qui ont des phototypes foncés IV ou
V.
Au cours des dermatoses inflammatoires, la dermatoscopie peut
aider à différencier, devant un état pytiriasique du cuir chevelu,
le psoriasis et la dermatite séborrhéique. En effet au cours du
psoriasis, on observe fréquemment des images vasculaires avec un
aspect de vaisseaux en glomérules, des boucles irrégulières
(twisted red loups) et des taches rouges. Au cours de la
dermatite séborrhéique, les vaisseaux sont arborescents et on
n’observe pas d’image glomérulaire.
Dans les infections pilaires comme les teignes, un aspect de
cheveux en tire-bouchon est souvent observé en dermatoscopie. Il
est inutile de rappeler que les lentes, au cours de la pediculose
du cuir chevelu, sont bien visibles au dermatoscope et que le
principal diagnostic différentiel constitué par les gaines «
coulissantes » pilaires ne pose pas de problème quand on peut
visualiser la gaine pilaire à l’aide du dermatoscope. En effet, les
gaines pilaires engainent, comme leur nom l’indique, la tige
pilaire alors que la lente est appendue à la tige pilaire.
La contribution de la dermatoscopie au diagnostic d’alopécie
androgénétique semble moins pertinente mais elle est
incontestablement intéressante dans le cadre de la pelade où la
présence de disques jaunes (yellow dots) est relativement
caractéristique. Enfin, la visualisation des cheveux en point
d’exclamation (assez caractéristiques de la pelade est aisée en
dermatoscopie).
Rappelons également qu’au cours de la trichotillomanie, la
visualisation de cheveux cassés courts et de longueurs différentes
aide au diagnostic de cette alopécie provoquée.
D’autres applications sont décrites comme le diagnostic du
lichen plan pilaire ou de l’alopécie fibrosante frontale où il
n’est pas rare d’observer une hyperkératose péri-pilaire à
l’émergence du cheveu.
La dermatoscopie est donc une aide précieuse au diagnostic, en
particulier des alopécies acquises, et la transmission des images
peut permettre une confirmation rapide de celui-ci.
Dr Patrice Plantin
Miteva M et coll. Hair and scalp dermatoscopy. J Am Acad Dermatol., 2012 ; publication avancée en ligne le 8 mars. DOI : 10.1016/j.jaad.2012.02.013
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |