Adapter le traitement au patient apparaît comme l’un des
éléments de l’amélioration de la qualité des soins. Des chercheurs
américains ont exploré l’influence des variations dans les
prescriptions sur la durée d’utilisation des antidépresseurs au
cours de la phase aiguë de la maladie, les variations des
prescriptions étant en effet ici considérées comme un marqueur de
personnalisation du traitement.
L’étude a été réalisée sur une période de 4 ans dans 2 états
américains. Elle a inclus 383 patients (72,1 % de femmes, âge moyen
> 45 ans) consultant pour un épisode dépressif nécessitant un
traitement. Ces patients ont été pris en charge par 70
prescripteurs différents, chacun d’entre eux suivant au moins 4
patients. Deux mesures alternatives d’homogénéité des prescriptions
ont été prises en compte : le recours à l’une des 2 molécules les
plus fréquemment prescrites et l’indice Herfindahl (où un indice
bas signifie une grande variabilité dans les prescriptions tandis
qu’un indice élevé signe une certaine constance dans le choix des
schémas thérapeutiques proposés). La prise de l’antidépresseur
pendant au moins 84 jours sur les 114 jours de prescription
désignait une bonne adhésion au traitement.
Dans 70 % des cas, les praticiens ont prescrit les 2 schémas
thérapeutiques les plus fréquents, avec peu de modifications
c'est-à-dire sans personnalisation du traitement. En analyse
bivariée, la bonne adhérence au traitement pendant la phase aiguë a
été significativement associée avec la race blanche, un âge
supérieur à 75 ans, le fait d’avoir reçu initialement un inhibiteur
de recapture de la sérotonine. Quel que soit le traitement
prescrit, le patient a mieux suivi l’ensemble du traitement s’il
était compliant pendant la phase aiguë (prise de l’antidépresseur
pendant environ 105 jours contre 44 jours). En analyse multivariée,
l’absence de personnalisation du traitement était significativement
associée avec la durée de prise du traitement antidépresseur
(p<0,05).
Cette étude apporte des premiers résultats sur la relation entre
la « diversification » de la prescription et la compliance au
traitement pendant la phase aiguë. Changer la prescription pour
l’adapter au cas spécifique de chaque patient, est associé à une
meilleure adhésion de celui-ci à son traitement. De futures études
incluant des données longitudinales cliniques et une mesure plus
précise de la personnalisation du traitement seraient intéressantes
pour mieux comprendre les mécanismes en cause.
Dr. Estelle Deniaud Boüet
Merrick EL et coll. : Is customization in antidepressant prescribing associated with acute-phase treatment adherence ? Journal of Pharmaceutical Health Services Research, 2012 ; 3 : 11-16.
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |