> Accueil JIM > Du plomb dans l’aire…de l’audition

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Du plomb dans l’aire…de l’audition

Publié le 23/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Si l’exposition au cadmium et celle au plomb ont été associées, dans les travaux menés chez l’animal et ceux conduits en milieu professionnel, à la survenue d’une perte auditive, peu d’études ont concerné les effets de l’exposition environnementale à ces métaux lourds en population générale. Des équipes de l’université du Michigan viennent de pallier ce manque en évaluant, sur un échantillon représentatif de la population générale non institutionnalisée des États-Unis, au sein du National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), la relation entre hypoacousie et expositions au cadmium et au plomb.

C’est auprès de 3 698 adultes, âgés de 20 à 69 ans, participant au NHANES sur la période 1999-2004 que Y-H Choi et coll. ont effectué cette évaluation transversale. Les seuils auditifs ont été déterminés pour chaque oreille en audiométrie tonale, à des fréquences de 0,5, 1, 2 et 4 kHz, la perte auditive étant définie par des seuils auditifs moyens atteignant ou dépassant 25 dB dans l’une ou l’autre oreille. Les taux sanguins de plomb et de cadmium ont été pris comme indicateurs d’exposition.

Les moyennes géométriques des concentrations de cadmium et de plomb dans la population entière étaient respectivement de 0,40 µg/l (intervalle de confiance à 95 % : 0,39-0,42 µg/l) et de 1,54 µg/dl (1,49-1,60 µg/dl).

Parmi les facteurs confondants potentiels pris en compte figuraient l’âge, le sexe, l’ethnie, l’IMC, la prise de médicaments ototoxiques, le tabagisme, l’HTA, le diabète, l’exposition professionnelle au bruit, les expositions au bruit des armes à feu et ceux des activités de loisir, et l’analyse des effets de l’exposition au plomb a pris en considération l’exposition au cadmium, et celle des effets de l’exposition au cadmium l’exposition au plomb.

Après ajustements, le seuil auditif des sujets du quintile le plus haut d’exposition au cadmium (0,80-8,50 µg/l) était, en comparaison de ceux du quintile d’exposition le plus bas (0,10 0,20 µg/l), accru de 13,8 % (4,6-23,8 % ; p pour la tendance < 0,05). L’augmentation du seuil auditif des sujets du quintile de plus forte exposition au plomb (2,80-54,00 µg/dl), en comparaison de ceux du quintile le plus faible (0,20-0,80 µg/dl), était de 18,6 % (7,4 31,1 % ; p pour la tendance < 0,001).

Les effets des expositions aux deux métaux sur les seuils auditifs ont été estimés séparément et conjointement. L’accroissement du seuil auditif était chez les participants fortement exposés à la fois au plomb et au cadmium, en comparaison de ceux faiblement exposés à ces deux métaux, de 19,0 % (9,7-29,1 %), l’augmentation revenant au seul taux élevé de cadmium étant de 7,3 % (0,4-14,8 %) et celle au seul taux élevé de plomb de 10,1 % (0,4 20,8 %).

Conduite aux États-Unis, où l’hypoacousie touchait en 2008 plus de 35 millions de sujets âgés de 18 ans et plus, cette étude (dont le caractère transversal ne permet cependant pas de conclure à une relation causale) suggère, en population générale, des effets délétères de l’exposition au cadmium et au plomb sur l’audition. Une augmentation des seuils auditifs a été mise en évidence à des doses couramment rencontrées de cadmium et de plomb, inférieures aux normes de l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA), respectivement de 5 µg/l et 38,6 µg/dl (seuls 0,11 % des participants ayant dans ce travail été exposés à des doses excédant la norme de cadmium et 0,05 % celle de plomb). C’est bien sûr la réduction des expositions que prônent les auteurs, afin de diminuer ou retarder la perte auditive en population générale.



Dr Julie Perrot


Choi Y-H et coll. : Environmental cadmium and lead exposures and hearing loss in US adults: The National Health and Nutrition Examination Survey, 1999 to 2004. Environ Health Perspect, 2012 ; publication avancée en ligne, le 31 juillet. (http://dx.doi.org/10.1289/ehp.1104863).




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions