Il est aujourd’hui bien admis que l’insuffisance rénale
chronique fait partie des principaux facteurs de risque
cardiovasculaire. Une série récente indique que près de la moitié
des patients en insuffisance rénale chronique au stade de la
dialyse décèdent d’une cause cardiovasculaire.
Une équipe américaine a cherché à mieux étudier le lien existant
entre insuffisance rénale chronique et événements
cardiovasculaires.
Pour ce faire les auteurs se sont intéressés à un registre de
patients hospitalisés entre avril 1998 et juin 2000 pour un
infarctus du myocarde (IDM).
Il s’avère que, au moment de leur admission, les patients qui
étaient en insuffisance rénale sévère (IRS), définie ici par
créatininémie ≥ 2,5 mg/100 ml (n : 29 319), avaient aussi
fréquemment une douleur thoracique que les dialysés (respectivement
40,4 % et 41,1 % ; n : 2390) mais nettement moins souvent que les
témoins sans insuffisance rénale sévère (61,6 % ; p <
0,001).
Un diagnostic autre qu’un syndrome coronaire aigu était
nettement plus fréquemment évoqué à l’admission chez les
insuffisants rénaux (44 % pour les patients en IRS et 47,7 % pour
les dialysés versus 25,8 % pour les témoins sans insuffisance
rénale sévère ; p < 0,001).
Un sus décalage du segment ST était deux fois moins fréquent
chez les insuffisants rénaux (15,9 % en cas d’IRS et 17,6 % en cas
de dialyse contre 32,5 % chez les témoins; p < 0.001).
La mortalité hospitalière a été nettement plus élevée chez les
insuffisants rénaux (23 et 21,7 % respectivement en cas d’IRS et de
dialyse contre 12,6 % chez les témoins; p < 0,001).
Après ajustement, il ressort que l’insuffisance rénale sévère,
dialysée ou non, est un marqueur de risque indépendant de mortalité
hospitalière avec un risque majoré de près de 50 % par rapport aux
témoins (odds ratio : 1,44 ; intervalle de confiance à 95 % :
1,39-1,49).
Et les auteurs de conclure que, lors d’une hospitalisation pour
IDM, les patients en insuffisance rénale chronique sévère non
encore au stade de la dialyse présentent de fortes similitudes
pronostiques avec les dialysés.
Ce travail rétrospectif tend donc à confirmer que l’insuffisance
rénale sévère, au stade de dialyse on non, constitue un marqueur de
risque majeur de mortalité lors d’un IDM.
Dr Olivier Meillard
Shroff GR et coll. : Renal failure and acute myocardial infarction: clinical characteristics in patients with advanced chronic kidney disease, on dialysis, and without chronic kidney disease. Am Heart J 2012; 163: 399-406
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