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Mortalité de l’infarctus accrue de 50 % en cas d’insuffisance rénale sévère

Publié le 23/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il est aujourd’hui bien admis que l’insuffisance rénale chronique fait partie des principaux facteurs de risque cardiovasculaire. Une série récente indique que près de la moitié des patients en insuffisance rénale chronique au stade de la dialyse décèdent d’une cause cardiovasculaire.

Une équipe américaine a cherché à mieux étudier le lien existant entre insuffisance rénale chronique et événements cardiovasculaires.

Pour ce faire les auteurs se sont intéressés à un registre de patients hospitalisés entre avril 1998 et juin 2000 pour un infarctus du myocarde (IDM).

Il s’avère que, au moment de leur admission, les patients qui étaient en insuffisance rénale sévère (IRS), définie ici par créatininémie ≥ 2,5 mg/100 ml (n : 29 319), avaient aussi fréquemment une douleur thoracique que les dialysés (respectivement 40,4 % et 41,1 % ; n : 2390) mais nettement moins souvent que les témoins sans insuffisance rénale sévère (61,6 % ; p < 0,001).

Un diagnostic autre qu’un syndrome coronaire aigu était nettement plus fréquemment évoqué à l’admission chez les insuffisants rénaux (44 % pour les patients en IRS et 47,7 % pour les dialysés versus 25,8 % pour les témoins sans insuffisance rénale sévère ; p < 0,001).

Un sus décalage du segment ST était deux fois moins fréquent chez les insuffisants rénaux (15,9 % en cas d’IRS et 17,6 % en cas de dialyse contre 32,5 % chez les témoins; p < 0.001). 

La mortalité hospitalière a été nettement plus élevée chez les insuffisants rénaux (23 et 21,7 % respectivement en cas d’IRS et de dialyse contre 12,6 % chez les témoins; p < 0,001).

Après ajustement, il ressort que l’insuffisance rénale sévère, dialysée ou non, est un marqueur de risque indépendant de mortalité hospitalière avec un risque majoré de près de 50 % par rapport aux témoins (odds ratio : 1,44 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,39-1,49).

Et les auteurs de conclure que, lors d’une hospitalisation pour IDM, les patients en insuffisance rénale chronique sévère non encore au stade de la dialyse présentent de fortes similitudes pronostiques avec les dialysés.

Ce travail rétrospectif tend donc à confirmer que l’insuffisance rénale sévère, au stade de dialyse on non, constitue un marqueur de risque majeur de mortalité lors d’un IDM.



Dr Olivier Meillard


Shroff GR et coll. : Renal failure and acute myocardial infarction: clinical characteristics in patients with advanced chronic kidney disease, on dialysis, and without chronic kidney disease. Am Heart J 2012; 163: 399-406




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