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La marche, ennemie de l’arthrose ?

Publié le 24/08/2012   |  3 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les études épidémiologiques portant sur les relations entre arthrose et activité physique (AP) donnent des résultats contradictoires.

Le but de cette nouvelle étude australienne, de conception longitudinale, était d’examiner l’association entre AP et modifications structurelles au genou, évaluées par IRM.

Pour y participer, des sujets de 50 à 80 ans ont été sélectionnés aléatoirement à partir d’une liste électorale en Tasmanie du sud.

L’AP a été déterminée sur le nombre de pas effectués par jour, mesuré grâce à un podomètre.

Chaque participant devait porter le podomètre 7 jours consécutifs, puis de nouveau 6 mois plus tard pour prendre en compte les variations saisonnières.

Une IRM du genou droit a été faite au départ puis au cours du suivi.

Au total, 405 sujets ont été inclus. La durée moyenne de suivi a été de 2,7 ans (DS 0,4 ; 2 à 4,7).

En analyse multivariée, le risque d'avoir une aggravation de lésions médullaires sous chondrales (augmentation > 25 mm2) est apparu multiplié par 1,97 fois (intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 1,19 à 3,27) pour les sujets faisant au moins 10 000 pas/jour, comparativement à ceux qui en faisaient moins (p = 0,009). Pour chaque augmentation de 1 000 pas/jour, il y avait un risque 1,10 fois plus important d'avoir une aggravation (p <0,001).

Les participants faisant plus de 10 000 pas /j avaient un risque multiplié par 1,52 fois (IC95 1,05 à 2,20) d’aggraver une pathologie méniscale (p=0,27).

Les sujets ayant une pathologie méniscale sévère dés le départ avaient un risque 2,49 fois (IC95 1,05 à 3,93) plus élevé (p = 0,002) d'aggravation de la pathologie méniscale si ils faisaient ≥ 10 000 pas/jour versus < 10 000 pas.

En cas de défect cartilagineux intitial, le risque d’aggravation était multiplié par 1,36 pour ceux effectuant plus de 10 000 pas/j (vs moins de 10 000).

Aucune aggravation n’était retrouvée en l’absence de défect cartilagineux au départ.

Le nombre de pas aggravait la perte cartilagineuse chez les sujets ayant une perte déjà constituée.

Après ajustement pour l'IMC, l'association entre l'AP et les changements structurels au genou n'étaient pas significativement différents pour les participants qui étaient en surpoids ou obèses.

Les résultats de ce travail suggèrent que le nombre de pas journaliers est délétère pour le genou surtout chez les sujets ayant déjà des modifications structurelles.

Les personnes présentant des anomalies au niveau du genou devraient donc éviter de faire plus de 10 000 pas/jour. La mise en place d’activités physiques sans mise en charge est alors nécessaire pour maintenir les niveaux d'AP requis pour d'autres aspects de la santé.



Dr Juliette Lasoudris-Laloux


Doré DA et coll. : The association between objectively measured physical activity and knee structural change using MRI. Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 15 août.


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Vos réactions

Etat nutritionnel de l'enfance

Le 26 août 2012

Très bonne étude.
Le surpoids et l'obésité jouent à coup sûr de manière néfaste sur l'arthrose. Ces sujets deviennent très arthrosiques rapidement par rapport aux autres sujets beaucoup moins lourds.
Je pense que l'état nutritionnel de l'enfance et de l'adolescence, puis le sport de haut niveau y jouent un rôle important.

Dr Guidèrè Timbely

2 à 3 Km paraissent raisonnables

Le 27 août 2012

Ce qu'il faut retenir c'est qu'une marche < 10 000 pas n'est pas aggravante et donc 30 mn par jour ou 2 à 3 Km paraissent raisonnables pour le genou qui débute une arthrose avec association d'autres activités : bien sûr la natation et aussi le vélo sans forcer dans tous les cas.
Les bénéfices de l’activité physique sont essentiels notamment sur le plan cardiovasculaire et diabétique pour le recommander dans tous les cas mais avec une adaptation indispensable à chaque cas.

Dr Philippe Salle, cardiologue

Les enseignants en activité physique adaptée (APA)

Le 01 septembre 2012

Lorsque nous parlons d'adaptation, il est important de choisir les bons professionnels. Les EAPA sont formés à l'université pendant 3 ans (Licence) ou 5 ans (Master) ou 8 ans (Doctorat) afin de gérer toute les adaptations de l'activité physique face à différents publics pathologiques ou non. Ce commentaire est là pour vous informer de l'existence de cette profession et de leur société : la SFP-APA (société française des professionnels en activité physique adaptée)
Pour plus d'informations: mathieu.vergnault@hotmail.fr
Répresentant SFP-APA en Ile de France.

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