Les études épidémiologiques portant sur les relations entre
arthrose et activité physique (AP) donnent des résultats
contradictoires.
Le but de cette nouvelle étude australienne, de conception
longitudinale, était d’examiner l’association entre AP et
modifications structurelles au genou, évaluées par IRM.
Pour y participer, des sujets de 50 à 80 ans ont été
sélectionnés aléatoirement à partir d’une liste électorale en
Tasmanie du sud.
L’AP a été déterminée sur le nombre de pas effectués par jour,
mesuré grâce à un podomètre.
Chaque participant devait porter le podomètre 7 jours
consécutifs, puis de nouveau 6 mois plus tard pour prendre en
compte les variations saisonnières.
Une IRM du genou droit a été faite au départ puis au cours du
suivi.
Au total, 405 sujets ont été inclus. La durée moyenne de suivi a
été de 2,7 ans (DS 0,4 ; 2 à 4,7).
En analyse multivariée, le risque d'avoir une aggravation de
lésions médullaires sous chondrales (augmentation > 25 mm2) est
apparu multiplié par 1,97 fois (intervalle de confiance à 95 %
[IC95] : 1,19 à 3,27) pour les sujets faisant au moins 10 000
pas/jour, comparativement à ceux qui en faisaient moins (p =
0,009). Pour chaque augmentation de 1 000 pas/jour, il y avait un
risque 1,10 fois plus important d'avoir une aggravation (p
<0,001).
Les participants faisant plus de 10 000 pas /j avaient un risque
multiplié par 1,52 fois (IC95 1,05 à 2,20) d’aggraver une
pathologie méniscale (p=0,27).
Les sujets ayant une pathologie méniscale sévère dés le départ
avaient un risque 2,49 fois (IC95 1,05 à 3,93) plus élevé (p =
0,002) d'aggravation de la pathologie méniscale si ils faisaient ≥
10 000 pas/jour versus < 10 000 pas.
En cas de défect cartilagineux intitial, le risque d’aggravation
était multiplié par 1,36 pour ceux effectuant plus de 10 000 pas/j
(vs moins de 10 000).
Aucune aggravation n’était retrouvée en l’absence de défect
cartilagineux au départ.
Le nombre de pas aggravait la perte cartilagineuse chez les
sujets ayant une perte déjà constituée.
Après ajustement pour l'IMC, l'association entre l'AP et les
changements structurels au genou n'étaient pas significativement
différents pour les participants qui étaient en surpoids ou
obèses.
Les résultats de ce travail suggèrent que le nombre de pas
journaliers est délétère pour le genou surtout chez les sujets
ayant déjà des modifications structurelles.
Les personnes présentant des anomalies au niveau du genou
devraient donc éviter de faire plus de 10 000 pas/jour. La mise en
place d’activités physiques sans mise en charge est alors
nécessaire pour maintenir les niveaux d'AP requis pour d'autres
aspects de la santé.
Dr Juliette Lasoudris-Laloux
Doré DA et coll. : The association between objectively measured physical activity and knee structural change using MRI. Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 15 août.
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Vos réactions |
Etat nutritionnel de l'enfance
Le 26 août 2012
Très bonne étude.
Le surpoids et l'obésité jouent à coup sûr de manière néfaste sur l'arthrose. Ces sujets deviennent très arthrosiques rapidement par rapport aux autres sujets beaucoup moins lourds.
Je pense que l'état nutritionnel de l'enfance et de l'adolescence, puis le sport de haut niveau y jouent un rôle important.
Dr Guidèrè Timbely
2 à 3 Km paraissent raisonnables
Le 27 août 2012
Ce qu'il faut retenir c'est qu'une marche < 10 000 pas n'est pas aggravante et donc 30 mn par jour ou 2 à 3 Km paraissent raisonnables pour le genou qui débute une arthrose avec association d'autres activités : bien sûr la natation et aussi le vélo sans forcer dans tous les cas.
Les bénéfices de l’activité physique sont essentiels notamment sur le plan cardiovasculaire et diabétique pour le recommander dans tous les cas mais avec une adaptation indispensable à chaque cas.
Dr Philippe Salle, cardiologue
Les enseignants en activité physique adaptée (APA)
Le 01 septembre 2012
Lorsque nous parlons d'adaptation, il est important de choisir les bons professionnels. Les EAPA sont formés à l'université pendant 3 ans (Licence) ou 5 ans (Master) ou 8 ans (Doctorat) afin de gérer toute les adaptations de l'activité physique face à différents publics pathologiques ou non. Ce commentaire est là pour vous informer de l'existence de cette profession et de leur société : la SFP-APA (société française des professionnels en activité physique adaptée)
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Répresentant SFP-APA en Ile de France.
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